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 an ache i still remember w/ wyatt

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MessageSujet: an ache i still remember w/ wyatt   Sam 19 Déc - 23:44

I don't wanna live that way, reading into every word you say. You said that you could let it go and I wouldn't catch you hung up on somebody that you used to know
© gotye, somebody that i used to know // tumblr

Farah aimait à penser qu'elle était quelqu'un de relativement calme, absolument pas prompte à laisser ses pulsions prendre le dessus sur sa volonté. Elle envisageait son quotidien avec pragmatisme, ne prenait jamais la moindre décision sans une certaine période de réflexion avant. Le mot rationnel lui allait comme un gant. Rationnelle, mesurée, discrète. Ne pas faire de vague était son mantra et ce, depuis des années. Elle ne réagissait pas au quart de tour, elle ne prenait pas la mouche, elle était programmée pour éviter l'affrontement à tout prix. Elle était le genre de filles qui se contente d'un sourire face aux moqueries, incapable de trouver quoi que ce soit d'assez mordant pour se défendre avant que plusieurs heures ne se soient écoulées. Et jamais, jamais ô grand jamais elle n'allait au devant d'une confrontation. Jamais. Seulement elle n'avait pas pour habitude de confier à n'importe qui qu'elle était séropositive et pour Wyatt, elle avait fait une exception. Au point où elle en était, une de plus ou une de moins ne changerait rien. Pourtant, elle s'était promis de ne plus penser à lui. Après leur rupture d'abord, et si ça n'avait pas été simple, elle avait fini par trouver le moyen de se changer les idées, d'éviter de repenser à ce qu'ils s'étaient dit, à ce qu'elle avait imaginé avec lui. Farah accordait difficilement sa confiance et, clairement, avec lui elle avait commis une erreur. Elle avait presque réussi à oublier, à force de journées interminables et de soirées sur son canapé, à végéter devant Keeping Up With The Kardashians. Presque. Il s'était repointé dans sa vie, comme la piqûre de rappel d'un vaccin particulièrement douloureux. Très calme, presque souriant, presque comme si tout allait bien. Ça n'avait été que de courte durée, évidemment et elle s'était promis d'oublier cette fois. D'oublier vraiment. Mais bien sûr, l'univers avait décidé de foutre en l'air le moindre de ses plans en lui balançant l'existence de Wyatt au visage. Ses amis, qui n'avaient pas commenté une seule fois la disparition du grand brun de leur quotidien, se mettaient à prendre de ses nouvelles, sans la moindre raison – parce que ça fait longtemps que tu n'as pas parlé de lui, Farah, quelle bonne blague – et même ses parents s'y mettaient. Pour ne rien arranger, ses camarades n'avaient pas trouvé meilleur sujet de conversation. A croire qu'il n'avait que le nom de Wyatt à la bouche, ça et force de qualificatifs plus qu'avantageux concernant son physique. Il animait les fantasmes de bon nombre de ses collègues, soit. Farah, mieux que personne, pouvait comprendre. Alors elle écoutait sans moufter, sans donner son avis, préférant hausser les épaules et feindre l'indifférence plutôt que d'avouer la vérité. Les mots, les questions, elle pouvait les ignorer. Ce n'était pas si difficile. Le reste, en revanche. Il fallait raser les murs sitôt qu'elle apercevait sa silhouette et elle se maudissait de reconnaître son rire avant même de le voir. Avant qu'il ne la retrouve sur ce stupide parking, elle avait été totalement inconsciente de sa présence au Menphis Wave. Aujourd'hui, toute sa vie semblait s'être réglée autour de la sienne ; alors lorsqu'elle tomba finalement sur l'un de ses tee-shirts dans son placard, Farah abandonna la réserve qui la caractérisait. Elle fourra le vêtement dans son sac à main et, une fois bonnet et veste enfilés, claqua la porte de son appartement. Heureusement pour elle, il n'y avait personne en cette douce fin d'après-midi ou elle aurait certainement eu droit à un sermon sur la discrétion ou le respect des biens communs.

*

Eut-elle été dans son état normal qu'elle se serait arrêtée, en chemin, pour prendre une profonde inspiration et tenter de se calmer un peu. En vérité, elle aurait été bien en peine d'expliquer d'où venait cette colère. Elle avait quitté son appartement à la hâte, quelque peu bouleversée. Mais c'est en colère qu'elle gara sa petite hybride sur le parking du Menphis Wave et furieuse qu'elle gagna l'un des ascenseurs, suffisamment affolée par les battements erratiques de son cœur pour ne pas réaliser combien il était pathétique qu'elle sache précisément où le trouver. Elle n'avait pas appris son emploi du temps, pas vraiment mais elle avait besoin de savoir où il se trouvait, durant ses propres gardes, histoire de pouvoir l'éviter correctement. Viendrait le jour où on l'enverrait sous sa supervision, ce que Farah redoutait grandement. Enfin, lorsqu'elle n'était pas occupée à le maudire, lui, ses parents et tous ses aïeux pour ce tee-shirt ridicule. Le tintement de l’ascenseur, annonçant son arrivée au deuxième étage, l'arracha à ses pensées et elle ne perdit pas une seconde. Si elle était sensée savoir où se trouvait le vestiaire des résidents, elle n'était pas supposée y entrer mais en cet instant précis, Farah n'avait que faire des règles. Son sac pesait lourd contre sa hanche, lourd de souvenirs, lourd de sens, lourd d'un simple tee-shirt. Elle ne se souvenait pas précisément du moment où il était entré en sa possession, même si elle pouvait compter sur les doigts d'une main les nuits qu'ils avaient partagé, très chastement d'ailleurs. C'était une étape que Farah n'était pas prête à franchir et elle se félicitait d'avoir eu la bonne idée de s'ouvrir avant de s'offrir totalement. Le simple fait de dormir à côté de quelqu'un avait longtemps semblé insurmontable. Pour lui, elle avait dépassé ses craintes. Ce tee-shirt était la preuve de ses progrès, la preuve de leur histoire aussi. Ce tee-shirt devait disparaître.

Concentrée sur son objectif – lequel se résumait à quelques mots très simples : trouver Wyatt et lui rendre son bien, avant de se barrer sans demander son reste – Farah n'accorda aucune attention aux deux médecins qui sortirent devant elle, probablement en se demandant ce que cette fille au visage de bébé foutait là. Par chance, personne ne l'arrêta et elle parvint à l'intérieur des vestiaires sans mal. Et, well, difficile de passer à côté de Wyatt, vraiment. La pièce aurait pu être bondée qu'elle l'aurait certainement trouvé tout aussi rapidement. Il avait eu cet effet sur elle depuis le début, ce magnétisme si déstabilisant. Farah avait été séduite par cette facilité qu'il avait de capter son attention, mais aujourd'hui elle se sentait simplement faible. Faible et si, si stupide. Pourquoi était-elle venue ici déjà ? Ah, oui. Le tee-shirt. « Tiens » lâcha-t-elle, la voix tremblante, en lui balançant le vêtement. Une idiote, Farah était une idiote. Elle avait réussi à l'éviter avec brio jusque-là, elle aurait pu continuer encore mais c'était épuisant, de se cacher constamment. Elle passait déjà la moitié de son temps à faire semblant, elle n'avait pas besoin de ça, pas besoin de lui et de cette menace qui pesait sur ses épaules, invisible mais pourtant bien réelle. Il fallait qu'elle fasse table rase de cette histoire, si douloureuse eut-elle été – ça l'était encore, pensait-elle parfois, lorsque la fatigue la poussait à un peu d'honnêteté envers elle-même. « Je l'ai lavé mais j'imagine que tu devrais certainement l'envoyer au pressing, histoire d'éliminer tout risque de contamination. On ne sait jamais, pas vrai ? » Blague de mauvais goût, elle en avait conscience. Ils étaient médecins – ou en passe de le devenir – ils n'étaient pas sensés croire à ce genre d'images terrifiantes sur sa maladie, véhiculées et assimilées par une population mal informée. Il l'avait fait, pourtant ou en tout cas, c'est ce qu'elle préférait penser. C'était moins douloureux de se dire qu'il était simplement mal informé. Un joli mensonge qu'elle s'était tant racontée après leur rupture qu'elle avait fini par y croire. Pourtant, elle se souvenait encore du regard de dégoût qu'il avait dardé sur elle, alors qu'il l'embrassait l'instant d'avant. Et – voilà. C'était précisément ce qu'elle avait cherché à éviter depuis qu'il l'avait laissée tomber, replonger dans les souvenirs, se laisser gagner par l'émotion au point qu'elle en oubliait toutes convenances, qu'elle en abandonnait son calme et toutes ses défenses. Avant, elle aurait pu passer une heure, peut-être deux à se préparer avant de le voir. Parce qu'elle voulait être jolie, qu'elle voulait se sentir bien sous son regard et pas passer toute une soirée à se demander s'il avait remarqué ses cernes ou ses rougeurs. Il avait suffi d'un tee-shirt pour qu'elle saute dans sa voiture, un vieux jean et un pull qui avait connu des jours meilleurs sur le dos, vaguement coiffé, définitivement pas maquillé. Elle savait qu'elle avait des traits encore enfantins mais elle n'avait jamais eu autant l'impression d'être une petite fille que maintenant, face à Wyatt. « Voilà. J'étais juste venue... te rendre ton tee-shirt » annonça-t-elle et gênée, elle détourna le regard, les joues écarlates. Ridicule, vraiment. Elle aurait mieux fait de profiter de son jour de congé pour rattraper le sommeil en retard plutôt que de se lancer à corps perdu dans ses lessives.
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MessageSujet: Re: an ache i still remember w/ wyatt   Dim 20 Déc - 0:41


Quand on naît con, on est con et on le reste. Voilà comment je pourrais aisément me définir ces derniers temps. A l’exception que pour ma personne je remplacerai surement le mot con par le mot connard, mais bon, ce n’est qu’un détail. Je n’ai jamais su comment m’y prendre avec les femmes et à vrai dire, je crois que je n’ai jamais voulu apprendre. Fils unique, petit prince de mes parents, j’ai toujours eu exactement ce que je voulais, quand je le voulais, comme je le voulais et je n’ai jamais compris pourquoi cela devrait être différent avec la gente féminine. Qu’a cela ne tienne, ça ne sera pas différent ! J’ai une belle gueule, une belle carrure, un corps joliment dessiné et des connexions cérébrales relativement bien faites ou tout du moins assez bien faite pour séduire les demoiselles. Pourquoi ne pas en profiter ? Ça serait gâcher le boulot de Dame Nature n’est-ce pas ? Ça serait dommage, nous sommes d’accord. C’est donc ainsi que j’ai toujours avancé, dans la vie, dans l’amour. Sans attache, sans routine, sans longues relations. Juste du plaisir, des envies et hop, on passe à une autre. Au lycée, à la fac, à l’hôpital, je suis connu pour ça et je le revendique. Je ne m’attache pas, je suis un bon coup, je ne souffre pas et on parle de moi. Parfait non ? Tout bénef je dirai même ! Ouais presque. Ça aurait été tout bénéfique sans elles. Sans ces femmes qui m’ont fait un jour douter. Sans ces femmes qui m’ont fait réfléchir, qui m’ont touché plus que les autres, qui ont mis un point d’honneur à bouleverser mes principes de connard. Farah, Freya, Elsa – je devrais fuir les femmes avec un prénom finissant par A je crois-. Farah, la première avec qui je me suis senti aimé, en couple, attendu le soir, attendu le matin. Celle qui semblait me connaitre, me comprendre et m’aimer ainsi. Celle que j’ai trahie et laissé tomber. Ou celle qui m’a trahi et laissé tomber. Je n’ai jamais trouvé la réelle solution à cette question. Freya, celle qui me bouleverse depuis des années, celle qui ne m’a jamais accepté au contraire, celle qui ne m’a jamais laissé pénétrer dans son monde. Et pourtant, elle reste là, quelque part dans ma tête. Et Elsa. Elsa. Celle qui hante mes jours et mes nuits en ce moment. Celle qui me voulait, celle que j’ai eue, celle que j’avais entre les mains et que j’ai brisée d’un simple revers. Quand je vous dis que je suis un connard, messieurs dames, ce n’est pas un euphémisme.

Mais celle qui me préoccupe le plus aujourd’hui ? Celle qui va surement occuper mes pensées pour la journée, c’est Farah. Baby Sunshine, Baby Einstein. La bébé blonde du Menphis Wave. L’interne silencieuse au QI de 160. L’interne qui ne fait pas de vague. L’interne discrète, au visage d’enfant, un peu perdu. L’interne qui fait son entrée dans le vestiaire des résidents ce matin même, celle qui est regardé bizarrement et surement celle qui a fait une scène de ménage au petit prince dans ces fameux vestiaires. Voilà la futur étiquette qui va lui coller à la peau. Félicitations miss Seif, t’as tout gagné ! Pour un tee-shirt, c’est dommage non ? Mais ce n’est pas qu’un tee-shirt et je le sais très bien. Je suis idiot mais pas à ce point là. Je suis idiot mais je sais pourquoi elle met autant d’ardeur à me le rendre. Parce que ça fait plusieurs années qu’elle l’a surement enfoui dans son armoire, tellement de temps qu’elle l’avait peut-être oublié. Mais il a fallu que je repointe mon nez dans sa vie, que je réapparaisse et lui rappelle tous ces magnifiques souvenirs qu’elle a gardé de moi, ou plutôt toutes ces larmes qui ont coulé par ma faute. Parce que j’ai flippé. Parce que j’ai paniqué. Parce que je me suis senti trompé, trahi par cette jeune femme. Parce que je lui avais donné tout l’amour et la douceur qu’aucune femme n’avait jamais eu venant de moi – et n’a plus jamais eu d’ailleurs – et qu’elle m’a caché des mois durant ce qu’elle était, ce qu’elle avait. J’aurais du m’en douter qu’il y avait un problème quelque part avec cette fille. J’avais fait des concessions, je me sentais différent, agir différemment et aimer ça mais elle m’a trahi. Brisé et trahi. Je n’ai plus jamais fait confiance à aucune femme qui a mis un jour un pied dans mon lit. Mia je lui fais confiance. Binki aussi. Mais aucune d’elle n’a visité mes draps si ce n’est pour y pleurer contre mon épaule ou y regarder un film. Aucune des femmes qui a eu plus que ça avec moi n’a eu ma confiance entre les mains. Pas depuis Farah.

Et c’est donc aujourd’hui, deux semaines après nos petites retrouvailles ironiques sur le parking de l’hôpital, qu’elle pointe son petit nez dans nos vestiaires. Elle a toujours aimé me surprendre la blondinette mais là je dois bien avouer que je ne m’y attendais pas. Je la regarde faire, rattrape donc ce fameux tee-shirt et sans sourciller, je lui réponds alors sur le même ton qu’elle m’a gentiment lancé : « On ne vous apprend vraiment plus rien en fac de médecine, c’est fou… »Evidemment j’ai compris l’ironie dans ces mots, ou plutôt le mesquinerie. Mais c’est bien plus intéressant de rentrer dans son jeu que de la plaindre, vous ne trouvez pas ? Mais la voilà qu’elle baisse les yeux, qu’elle fait sa timide, réalisant surement où elle se trouve et ce qu’elle fait. Et oui ma belle, t’es un peu ridicule à ce moment précis ! Mais bon, t’es mignonne alors on te le pardonnera vite. On te le pardonnera d’autant plus vite si tu ne t’étales pas trop longtemps parmi nous. Et visiblement c’est ce qu’elle a prévu de faire. Mais ça ne m’amuse pas. Pas totalement. Je l’écoute me répondre et ne peux m’empêcher d’avoir un sourire qui s’incruste sur le coin de mes lèvres. Un petit oiseau tombé du nid, voilà de quoi elle a l’air. Et c’est ça qui m’avait plu chez elle. Sa spontanéité, son naturel, sa façon d’être tellement pure et tellement fraiche qu’elle donnait envie de partager une vie entière avec elle. La seule femme, fille, jeune fille, jeune femme, qui m’a fait ressentir ça un jour. Mais j’ai muri, j’ai changé, j’ai grandi, et maintenant c’est principalement l’humour et le sarcasme qui hantent mes journées. Pas le romantisme. «  Tu vas me laisser t’offrir un café avant de repartir quand même ? T’as l’air d’une déterrée, j’peux pas te laisser aller bosser comme ça, tu vas faire flipper les patients ! »Trop mignon ce Wyatt, la douceur incarnée. L’homme de la situation pour mettre à l’aise une demoiselle gênée. Ne cherchez plus, O’Donnell est là ! «  J’sais que t’adores me voir torse nu mais tu me laisses mettre ma blouse et je t’offre ta dose de caféine de la journée, Einstein ! » Et oui, j’ai des relations, je connais du monde ici, et je sais parfaitement comment on l’appelle, je ne l’ai pas oublié. Je n’ai pas oublié tes surnoms, Blondinette. Et ce n'est plus une question que je pose, c'est presque une affirmation. C'est une affirmation en fait. Une sorte d'obligation. J'ai dit, donc c'est comme ça que ça va se passer. Et c'est comme ça que ça se passe. Il faut bien qu'on apprenne à cohabiter dans cet hôpital quand même non ? Je n'ai plus de rancoeur envers elle. Juste des souvenirs. Des bons souvenirs. Plus de rancoeur. Mais je ne suis pas sur qu'il en soit de même de son côté, bien au contraire. Je m'habille donc relativement rapidement avant de me retrouver face à la machine à café à quelques ps du vestiaire, non sans avoir fait un petit clin d'oeil macho à un collègue résident. il est toujours impressionné de voir que les internes tombent à ce point sous mon charme. S'il connaissait l'histoire avec Farah le pauvre...« Bon tu t'es mis aux expressos ou tu restes au café noisette des ados ? » La charrier constamment, mon passe temps favoris. Et comme ça, on ne pense pas au reste. Tiens, le reste d'ailleurs. « Et merci pour le tee-shirt ! Il me manquait vachement celui-là !  » Ouais tu parles...
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MessageSujet: Re: an ache i still remember w/ wyatt   Lun 21 Déc - 5:41

I don't wanna live that way, reading into every word you say. You said that you could let it go and I wouldn't catch you hung up on somebody that you used to know
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C'était une erreur que d'être venue ici et elle aurait dû s'en apercevoir avant. Devant la mine surprise de certains de ses amis d'abord, mais elle avait été trop occupée à courir à la rencontre de cet enfoiré pour s'arrêter. Même son rythme cardiaque, désordonné et tumultueux, ne l'avait pas ralentie, elle qui était pourtant si calme à l'ordinaire. Non, c'était juste face à sa belle gueule, face à son sourire moqueur qu'elle s'était réveillée, comme si tout le chemin parcouru n'avait été que le délire d'une somnambule masochiste. De toute évidence, elle l'était un minimum, masochiste, pour vouloir se jeter dans la gueule du loup ainsi. Et pire que ça, elle lui offrait sa propre tête sur un plateau. Il y a une raison pour laquelle elle évitait à tout prix les disputes, elle était incapable de les gérer, incapable de trouver les mots justes pour se défendre. Alors faire de l'esprit, maintenant, face à Wyatt ? C'était comme se porter volontaire pour un lynchage public. Elle se mordit la lèvre inférieure, maudissant encore sa faiblesse, et elle baissa les yeux. Nouvelle erreur, grossière erreur. Pourquoi avait-elle cru bon d'aller le trouver en plein vestiaire, déjà ? Farah n'était peut-être pas prête à partager le lit de qui que ce soit mais elle n'était pas aveugle et poser les yeux sur son ex à moitié dévêtu n'aidait pas vraiment à réfléchir. Elle n'aurait pas dû venir, ça, c'était certain. Peut-être aurait-elle dû en parler à Julia, cette dernière aurait probablement proposé une solution plus radicale. Offrir les souvenirs de sa relation avec Wyatt à des œuvres de charité ou les brûler, pour la symbolique de l'acte. Mais non, Farah et son gros cerveau avaient estimé logique de gâcher sa seule journée de congé de la semaine à reluquer la plastique parfaite d'un type qui lui avait brisé le cœur.

Détournant les yeux, la jeune femme croisa les bras en une ridicule tentative de se protéger. De quoi, exactement, elle ne savait plus très bien. Depuis Wyatt, elle s'évertuait à tenir les autres à distance, sans jamais se dévoiler, principalement parce qu'elle avait fait l'erreur de s'ouvrir, avec lui. Une erreur, une de plus et pour quelqu'un qui avait l'échec en horreur, c'était tout bonnement insupportable. « Je ne travaille pas aujourd'hui » répliqua-t-elle sèchement, sans réfléchir. Autant avouer directement qu'elle avait traversé toute la vie pour ce stupide tee-shirt – par extension, pour lui. Elle ne développa pas, se contentant de lever les yeux au ciel avant de se retourner pour lui offrir un brin de modestie. Ou, surtout, pour protester silencieusement contre cette assurance qui transpirait dans ses mots, son attitude. C'était ce qui lui avait plu, chez Wyatt, cette confiance en lui poussée à l'extrême. Il était charismatique, c'était indéniable, et Farah avait été bouleversée de se retrouver au centre de son attention, à l'époque. Elle se plaisait à croire qu'elle avait changé, qu'elle s'était endurcie mais son surnom, dans la bouche de Wyatt, était aussi irritant qu'agréable. « Trop aimable » murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui, en lui emboîtant le pas à l'extérieur du vestiaire. Elle pouvait partir, rien ne la forçait à le suivre, rien ne la retenait si ce n'était ce stupide sourire et l'envie profonde de prouver qu'elle n'était plus affectée par sa présence. Toutefois, restait à déterminer si c'était à lui qu'elle désirait faire cette démonstration ou si elle cherchait simplement à se convaincre que toute cette histoire était réellement derrière elle.

Silencieuse, Farah évita soigneusement de croiser le regard de qui que ce soit, une fois hors du vestiaire. Il était facile d'imaginer ce que pouvaient penser les gens, en la voyant sortir de là avec un résident, Wyatt qui plus est. Elle se fichait bien des rumeurs en général, surtout parce qu'elles touchaient plus les autres qu'elle mais l'idée qu'elle puisse passer pour la petite interne désespérée, capable de tout pour attirer l'attention de ses supérieurs, la dérangeait. Elle avait su garder toute cette histoire avec Wyatt secrète, ce n'était pas pour faire naître des ragots maintenant. Un peu tard, ceci dit et elle n'avait personne d'autre qu'elle-même à blâmer sur ce coup-là. Merveilleux. Pour ne rien arranger, son imbécile d'ex paraissait s'amuser réellement à ses dépends et, non, Farah n'était pas décidée à se laisser marcher sur les pieds comme ça. « J'ai vingt-quatre ans et, vraiment, si tu continues à parler de mon âge, je vais finir par croire que tu as problème avec le tien, répliqua-t-elle vertement, osant affronter son regard. Ceci dit, qui n'en aurait pas à ta place » Elle était loin d'être aussi nonchalante qu'elle l'aurait souhaité mais au point où elle en était, Farah n'avait aucun problème à tomber le masque. Au contraire, c'était quasiment libérateur. « Je vais prendre un thé » lâcha-t-elle, par pur esprit de contradiction. Elle détestait ça chez les autres, n'en comprenait ni le principe ni l'utilité mais il lui plaisait d'imaginer qu'elle pouvait prétendre qu'il ne la connaissait pas si bien que ça. C'était le cas pourtant, tristement. Elle s'était livrée avec le mode d'emploi, offrant la partition à jouer pour la faire danser de rage et il l'exécutait à la perfection. « Mais bien sûr, ricana-t-elle lorsque le maudit tee-shirt revint sur le tapis, c'est certainement pour ça que tu n'es pas venu le chercher. L'affection a ses limites, pas vrai ? » Et, non, elle ne parlait pas de fringues à la con mais ça tombait sous le sens. Ce n'était pas le tee-shirt, le problème, juste sa simple matérialisation. Le vrai problème, c'est qu'il était venu compromettre des années de reconstruction, probablement inconscient de l'effet dévastateur que leur rupture avait eu sur Farah. Elle préférait penser ça, qu'il ne savait pas. C'était peut-être naïf, idiot même mais elle ne pouvait pas imaginer qu'il l'avait rejetée dans l'unique but de la blesser. Il lui était impossible d'imaginer qu'un homme soit suffisamment bon comédien pour parvenir à sembler aussi sincère que Wyatt l'avait été lorsqu'ils s'étaient fréquentés. Et, vraiment, elle ne comprenait pas pourquoi il avait resurgit dans sa vie, comme ça. Il aurait pu ne pas la suivre, la semaine passée, sur le parking, et feindre de ne pas la connaître le jour où, inévitablement, on l'aurait envoyée travailler sous ses ordres. Mais non, bien sûr que non. « Je ne comprends pas » laissa-t-elle échappée, les yeux rivés sur la machine à café. Ça n'avait aucun sens, ce qui était profondément déstabilisant pour elle. « Je ne comprends pas, répéta-t-elle, se tournant vers lui cette fois, qu'est-ce que tu veux ? » Bien sûr, elle était venue aujourd'hui de son propre chef mais c'était de sa faute si elle était là, en quelque sorte. « Tu crois qu'en jouant les jolis cœurs avec un café et deux blagues qui, soient dit en passant ne sont ni drôles ni originales, tu vas réussir à quoi ? Me faire oublier tout ce que tu m'as balancé le jour où j'ai décidé de te faire confiance ? Me persuader de ne pas dire que l'idole de ces dames est passé à un cheveu de s'envoyer une séropositive ? Parce qu'au cas où tu ne l'aurais pas compris, je n'ai pas vraiment envie que ça se sache » souffla-t-elle tout bas, suffisamment irritée pour aborder le sujet à l'hôpital – pas assez, cependant, pour risquer d'être entendue par qui que ce soit d'autre. En fait, c'était plutôt elle qui aurait dû chercher à la convaincre de se taire. Alors ça non plus, ça n'avait pas de sens. Elle ne comprenait et s'il y avait bien une chose que Farah avait en horreur, c'était bien nager ainsi dans le flou.
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MessageSujet: Re: an ache i still remember w/ wyatt   Jeu 24 Déc - 13:52


Elle me fait rire. Elle est drôle. Elle est attendrissante. Et c’est comme ça et pour ça que j’ai craqué la première fois. Parce que j’avais trouvé en elle tout ce que je pouvais rechercher et tout ce qui pouvait me rendre heureux. Je n’y croyais pas, moi qui cherchais uniquement des filles d’un soir pour satisfaire mes envies. Et puis ce jour-là, elle m’est tombée dessus et elle m’a fait rire. Juste rire. Juste ses mimiques, juste ses allures, juste des mots et petites blagues. Elle m’a fait rire et je n’ai plus pu me la sortir de la tête. C’est comme ça qu’O’Donnell est tombé amoureux pour la seule et uniquement fois. L’humour. C’était donc une femme drôle et mignonne et non élégante et sexy qu’il me fallait pour être heureux. Impressionnant non ? Mais j’ai été déçu. Mais elle m’a déçue. Et depuis, je fuis les femmes dans son genre. Totalement. Comme la peste. Oui, depuis Farah, je fuis les filles bien, voilà ce que je suis en train de vous dire. Les filles mignonnes, drôles, attachantes et qui s’intéressent vraiment à moi, je ne veux plus les voir et les fréquenter. Faire mal avant d’avoir mal, c’est ça le remède. Sauf qu’aujourd’hui, elle est là, plantée, face à moi, mon tee-shirt dans la main, son air mignon sur le visage et sa maladresse ambulante. Tu veux paraitre crédible ma jolie et tu me dis clairement que tu viens de traverser la ville pour me rendre un tee-shirt, presque deux ans après notre rupture ? Et tu veux me faire croire que tu es totalement insensible ? T’es pas crédible Einstein, tu le sais. Je ne réponds donc pas, me contente de sourire en la regardant, toujours droit dans les yeux, aimant à la fois son regard mais aussi l’effet que le mien a sur elle. Je sais exactement cet effet qu’il a. J’en joue. J’en ai toujours joué. Farah, j’ai beau l’avoir quitté, elle a beau m’avoir déçu, elle reste Farah et il reste ce petit truc en plus, cette petite complicité en plus qui passe par le regard et qui ne nous lachera surement jamais. Farah, c’est Farah. Je suis un connard, le pire des connards peut-être, mais chaque femme est unique et ça je l’ai bien compris. Pourquoi je les testerais toutes sinon ?

Et c’est en sortant du vestiaire que les choses sérieuses reprennent, entendez par là les taquineries et les provocations. Mais tu vas perdre à ce jeu-là Blondinette, tu perds toujours… N’empêche que je trouve toujours ça aussi mignon d’essayer. Du tac au tac, sans lâcher son regard des yeux, je lui réponds, avec une mine malicieux imprimée sur le visage : «  Tu rigoles ? 27 ans c’est l’âge parfait ici !  Je plais autant aux petites internes de 24 ans avec leurs yeux en cœur qu’aux titulaires charismatiques de la trentaine. Crois-moi, je n’ai jamais autant aimé mon âge. » Internes de 24 ans aux yeux en cœur. Tu sais, les filles comme toi Farah. Une parmi tant d’autres. Ca t’énerve hein ? Je sais que ça t’énerve. Je sais que tu l’as compris. Mais je sais que tu es trop fière pour dire quoi que ce soit. Alors ? Une réaction ? Voilà ce que mon regard provocateur à souhait lance au sien. Voilà ce qu’elle doit lire sur ma tête à claques. Déteste-moi, j’adore ça. Et visiblement, c’est ce qu’elle a décidé de faire. En effet, elle n’arrête pas ses taquineries là et préfère de loin continuer sur ce terrain glisser. A tes risques et périls ma jolie, je t’aurais prévenu ! «  Et le thé est un très bon choix ! Il parait que ça détend et calme les esprits un peu trop rebelles qui n’en ont pas l’habitude. Menthe ou citron ? » Autre chose ? J’ai raison à tout ma belle, et le problème c’est que c’est exactement ce point qui t’a plu chez moi et que tu dois haïr aujourd’hui. T’aurais pas du te pointer, tu le sais.

N’empêche que si je suis tout à fait honnête avec vous, je reconnais que j’aime ce genre d’échange. J’aime la voir se débattre pour me répondre, j’aime la voir hausser le ton alors qu’elle n’est pas du tout comme ça. J’aime la voir baisser les yeux et faire la femme forte en même temps. J’aime toujours autant sa façon d’être à cette blonde, c’est fou. Sauf que je sais le fin mot de l’histoire maintenant. Je sais que les femmes comme ça, elles mentent. Elles trahissent. Elles sont parfaites mais pas dignes de confiance. Comme toutes les autres. Alors joue Wyatt, amuse toi, ris avec elle, ris d’elle mais ne t’attache pas. Ne sois pas idiot. Pas encore une fois. « Disons que je t’imaginais plutôt dormir dedans et je ne me voyais pas te le retirer tu comprends ? Je ne suis pas un connard quand même ! » Non pas du tout. Absolument pas un connard. Un mec bien même ! On y croit tous.

Sauf qu’à ce moment-là, le principal problème n’est plus le tee-shirt mais bel et bien notre rupture qui revient sur le terrain. J’attendais. J’attendais le moment où elle allait en parler, où elle allait enfin cracher le morceau, enfin dire clairement pourquoi elle est là. Assume tes faits et gestes ma jolie. Dis les choses. Et c’est ce qu’elle fait. Elle me reproche de jouer les jolis cœurs pour que notre relation reste secrète ? Elle pense vraiment que c’est ça mon plus gros soucis ? Ma réputation ? Ca doit vraiment faire longtemps qu’on ne se parle plus pour qu’elle en arrive à cette conclusion. Je n’ai strictement rien à faire de ma réputation. Mais alors pourquoi ? Pourquoi j’agis comme ça ? Je dois bien avouer que c’est une question que je ne m’étais pas posé. Pourquoi ai-je eu besoin d’aller la voir sur le parking ? Pourquoi ai-je eu besoin de la taquiner ? De lui offrir à boire ? Parce que je suis inévitablement attirer par elle quand elle est dans les parages ou juste pour la faire chier une fois de plus ? J’aimerai pouvoir affirmer que la seconde proposition est la bonne mais je n’en suis moi-même pas bien sur. Je mets quelques secondes à lui répondre, ne décrochant pas mon regard du sien, la provoquant presque de mes billes azurs plantées dans les siennes. Et puis, ça sort. « Tu penses vraiment que c’est ça mon plus gros problème ? Que ces gens qui me prennent déjà pour un connard sachent que j’ai failli coucher avec toi ? Ca c’est ce que tu crains toi, pas moi. J’en ai strictement rien à faire que le monde entier le sache, moi. Je pourrais même en faire une pancarte à l’entrée de l’hosto si je voulais vraiment te faire chier. » Compris ? Me cherche pas là-dessus, princesse tu vas perdre. Mais ça n’empêche pas que je n’ai toujours pas répondu à sa question. J’ai repris mon air charismatique, mon air grande gueule sarcastique, je lui ai dit ce que j’avais à dire avec mes grandes allures mais je n’ai pas répondu et il est clairement temps que je le fasse. Si seulement je savais vraiment quoi lui répondre ça serait bien plus simple. « Je suis juste avec toi comme je suis avec toutes les femmes de cet hôpital, taquin et dragueur. Cherche pas plus loin. C’est toi qui t’accroches et qui me cours après avec tes souvenirs nostalgiques. J’attends rien de toi, ne te fais pas trop de films. » Connard. T’es un connard O’Donnell. Mais c’est ta façon ultime de te défendre. Etre un connard, ça protège. Ca protège bien. Ca protège en toutes circonstances. « On est condamné à bosser ensemble Farah. Si tu préfères qu’on fasse comme si on ne se connaissait absolument pas, dis le tout de suite et tu vas te rendre compte que je sais très bien mentir, moi aussi. » Parce que jusqu’à présent, je ne lui ai jamais menti, moi. Elle m’a menti. Elle m’a trahi. Mais moi jamais. C’est surement la seule femme qui peut s’en vanter. Jamais trompée et jamais victime des mensonges de Wyatt O’Donnell, les miracles existent. Mais si elle veut que je commence, je peux parfaitement le faire. Alors, verdict ?
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MessageSujet: Re: an ache i still remember w/ wyatt   Mer 20 Jan - 1:04

I don't wanna live that way, reading into every word you say. You said that you could let it go and I wouldn't catch you hung up on somebody that you used to know
© gotye, somebody that i used to know // tumblr
Farah ne prenait pas de décision hâtivement, elle n’écoutait pas ses pulsions. Elle était mesurée, contrôlait le moindre mouvement, analysait toute situation pour s’en sortir sans se faire remarquer. Débarquer à l’hôpital pour lui sauter à la gorge était définitivement une erreur qu’elle n’aurait jamais commise avec quelqu’un d’autre. Avec Wyatt, elle s’était laissée aller à imaginer que tout irait bien, qu’elle avait finalement rencontré quelqu’un de bien, quelqu’un qui pouvait passer outre sa maladie et elle s’était lourdement trompée. Au lieu de fuir à nouveau, comme elle savait si bien le faire, elle courrait se perdre dans la gueule du loup. Pathétique. Elle n’était même pas certaine de savoir ce qu’elle recherchait. Ce n’était clairement pas à propos de ce tee-shirt. Elle aurait pu aisément sans débarrasser sans avoir à le revoir. Au fond, ce dont elle voulait s’assurer, c’était qu’il la boucle. Farah pouvait compter sur les doigts d’une seule main les personnes au courant de sa séropositivité à l’hôpital et il était de loin celle à laquelle elle faisait le moins confiance. Qu’arriverait-il si par malheur il y faisait allusion lorsqu’elle travaillerait sous ses ordres ? L’idée lui donnait la nausée. Elle était bien ici, elle avait construit une vie qui lui plaisait. Bien sûr, rien n’était parfait, loin de là, mais elle ne s’imaginait pas tout abandonner pour recommencer ailleurs, tout comme elle ne se voyait pas faire face à la pitié ou à la peur des autres s’ils apprenaient qu’elle était malade. Et que faire pour le convaincre, si ce n’était suivre aveuglément ses petits jeux ridicules, feindre de le trouver drôle, en priant pour qu’il ait pitié. Si ravaler sa fierté lui permettait de continuer à vivre normalement, Farah était prête à le faire sans hésiter. Mais il s’agissait de Wyatt et elle avait la désagréable impression de revivre chaque moment de leur courte histoire, les bons comme les mauvais, chaque fois qu’elle croisait son regard.

Docile, elle le suivit à l’extérieur des vestiaires, prenant garde de ne pas prêter attention aux gens qui les entouraient. On se poserait sans doute des questions en les voyant sortir de là mais tant pis, elle préférait être l’énième conquête du petit prince des résidents que d’être la séropositive du coin. Ça ne surprendrait personne. Farah n’était personne d’important, juste une petite interne sans histoire, mais elle connaissait parfaitement la réputation de Wyatt. Si elle avait ignoré sa présence au Menphis Wave jusqu’à très récemment, elle avait la sensation de n’entendre parler que de lui depuis. Ses camarades et mêmes certains de ses supérieurs rêvassaient à voix haute, s’attardant sur ses yeux, sur sa belle gueule et elle écoutait en gardant le silence, réprimant son envie de hurler que, oui, oui, elle était au courant, elle savait tout ça, qu’elle avait été attirée par tout ça. Et il en était conscient, c’était évident. Cette assurance l’avait fait craquée, elle aussi, et elle s’en mordait amèrement les doigts à présent. « J’ai cru comprendre, oui » répliqua-t-elle, plus sèche qu’elle ne l’aurait voulu. Oh, elle aurait payé cher pour être capable d’avoir l’air détaché, de lui donner l’impression qu’il n’était rien, qu’il n’avait plus aucune influence sur elle. C’était loin d’être le cas, malheureusement. Elle se sentait faible sous son regard moqueur, impuissante face à ses réflexions. Le jour où elle lui avait annoncé sa maladie, elle lui avait offert son coeur sur un plateau et de toute évidence, elle n’avait toujours pas l’impression de l’avoir récupéré. Fucking hell. Elle tira sur l’ourlet de ses manches, mal à l’aise, et baissa la tête. Il suffisait de prétendre qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre, que ce n’était pas lui, pas vrai ? Ça pouvait fonctionner, oui. « Citron » bredouilla-t-elle, petite idiote sensible qu’elle était. La carapace qu’elle s’était forgée au fil des années n’était manifestement pas aussi étanche que ses proches, comme Jill, pouvait le prétendre. Comment se protéger de quelqu’un qu’on avait déjà autorisé à entrer, après tout ? Pourtant, toute cette histoire remontait à bien longtemps maintenant. Elle avait cru pouvoir tourner la page en prétendant que rien n’était arrivé, que tout allait pour le mieux. Si seulement il n’avait pas réapparu dans sa vie au moment où elle s’y attendait le moins – mais il était trop tard pour ce genre de regrets. Elle ne pouvait rien y changer, alors inutile de s'attarder là-dessus.

Elle avait enchaîné les erreurs avec lui mais ça prenait fin aujourd'hui, c'était décidé. Elle en avait les moyens, elle pouvait le faire. Il n'avait de pouvoir que si elle lui en donnait, right ? Right. Elle se redressa, bras croisés sur la poitrine, prête à encaisser. Après tout, elle l'avait déjà vu, entendu même, lui cracher son ressentiment au visage, elle pouvait tout à fait gérer ses petites insinuations et ses grands sourires. C’était bien plus sournois que toutes les accusations qu’il avait pu lancer mais ce n’était pas particulièrement plus douloureux. C’était surtout le manque de préparation qui pêchait. Farah n’avait pas pensé un seul instant le revoir un jour. Elle gardait en tête l’image d’un Wyatt vexé, furieux. La colère, elle n’aurait eu aucun mal à supporter. Ce calme, en revanche, était plus compliqué. Elle se souvenait encore de l’époque où ils se tournaient autour, où il la faisait rire aux éclats malgré elle, où la moindre plaisanterie vanne la faisait rougir. Elle avait été attirée par ce garçon-là, pire, elle avait même commencé à tomber amoureuse de lui comme ça. Il le savait sans doute, il devait être conscient de l’effet qu’il avait eu sur elle à l’époque – qu’il avait encore, un peu. Juste un peu. Bien plus qu’elle n’aurait aimé admettre. Farah réprima un sourire, oubliant un instant où ils étaient, qui ils étaient. Ce qui s’était passé entre eux, surtout, et tout le mal qu’elle avait eu à le mettre de côté. Il ne fallait pas. Elle ne pouvait pas être cette gourde qui peinait à oublier son ex. « Permets-moi d’en douter » articula-t-elle, détournant une fois de plus les yeux. Il était un connard, vraiment. Sa meilleure amie l’avait forcée à le répéter, encore et encore, lorsqu’elle avait appris la manière dont il avait pris la nouvelle terrible qu’elle lui avait annoncé. Elle avait cherché à s’en persuader, à se convaincre que l’homme qu’elle avait rencontré, si drôle, si séduisant, n’était qu’une farce, un mensonge. En vain. Et ça lui faisait lentement perdre tous ses moyens. Farah n’était pas très douée pour tenir une conversation normale, ni pour mentir d’ailleurs, pas plus qu’elle ne supportait de ne pas contrôler ce qui lui arrivait. Elle était venue sur un coup de tête, sans imaginer une seule seconde que la situation pourrait lui échapper, qu’il pourrait, une fois de plus, la déstabiliser. Wyatt était très fort à ce jeu-là, bien plus fort qu’elle. Farah aurait dû s’en douter, aurait dû la boucler et filer se terrer chez elle au lieu de vider son sac comme elle venait de le faire.

Elle frissonna, résistant cette fois à l’envie de regarder ses pieds pour ne pas avoir à supporter le poids de son regard. Ces mots-là, cette indifférence, elle les méritait certainement. Une partie d’elle n’avait cessé de se demander ce qu’il se serrait passé si elle avait été honnête avec lui dès le départ. Par crainte, par égoïsme aussi, elle avait préféré se taire. Il lui avait plu, beaucoup trop pour qu’elle reste lucide et elle avait cru avoir enfin droit à sa part de bonheur sans penser à la maladie. Mais elle était bien là, cette garce et l’ignorer ne durait jamais bien longtemps. « Je- » Quoi ? Que voulait-elle dire ? Qu’elle regrettait ? Oui, et amèrement, chaque jour que Dieu faisait. Elle prenait grand soin de ne pas y penser la majorité du temps mais venait toujours un instant, bref et douloureux, où elle regrettait de s’être laissée prendre au jeu. « Je ne te cours pas après, finit-elle par articuler, le coeur battant à tout rompre. Pourquoi je le ferais ? Tu es parti, Wyatt, parce que tu n’as pas supporté d’entendre la vérité. Et, oui, peut-être que j’aurais effectivement dû en parler avant de tom- avant que tout ça n’arrive » Elle en avait encore trop dit mais au point où elle en était, Farah estimait que ce n’était plus vraiment important. « Je n’avais jamais fait ça avant, parce que je ne peux pas me le permettre. Je ne sais même pas si on accepterait que je travaille ici si ça se savait. Je ne peux pas me le permettre et tu es peut-être le dernier des enfoirés mais tu dois certainement être capable de comprendre ça. Raconte ce que tu veux, que je suis vierge, que je suis un mauvais coup ou que j’ai des fantasmes étranges, je m’en fous mais si tu fais ne serait-ce qu’une vague allusion à ma maladie, je- » Elle se tut, tout à fait consciente qu’elle n’était absolument pas impressionnante pour un sous. Et quand bien même, que pouvait-elle faire, le menacer ? Ridicule, ça ne l’influencerait pas un seul instant. « S’il te plaît, ne dis rien. Je ne veux pas, je ne pourrais pas supporter ça » Sa voix tremblait à présent et ses yeux la brûlaient anormalement – mais elle ne pleurerait pas. Elle pouvait supplier mais elle ne pleurerait pas. Elle ne lui ferait pas ce plaisir et elle ne se donnerait pas en spectacle ainsi. C’était le meilleur moyen pour soulever des questions chez ses collègues et supérieurs qui pouvaient passer dans le coin à tout moment. « Je ne te cours pas après, répéta-t-elle, plus ferme – pour s’en convaincre ? Certainement. Je ne suis pas masochiste, ni idiote. Je ne te cours pas après, je veux simplement que tu te taises. S’il te plaît. Maintenant donne-moi ce stupide thé et je m'en vais » Le reste, elle supporterait. Il suffirait de se rappeler qu’il pouvait faire les yeux doux à n’importe qui et n’importe quoi doté d’une paire de jambes et d’une poitrine. Il suffirait de ne pas oublier les quelques années qui s’étaient écoulées et le chagrin que son dégoût lui avait inspiré. Il suffirait d’être un peu plus forte qu’elle ne l’avait été en le rencontrant.
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