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 nightmares follow you like a shadow, forever w/ rick

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MessageSujet: nightmares follow you like a shadow, forever w/ rick   Ven 4 Déc - 1:18

Le stress de la semaine passée avait fini par retomber après quelques heures, cédant la place au calme organisé au fur et à mesure que les heures s'étiraient, devenaient jours. En six mois au Menphis Wave, Al avait rarement vu les urgences si bruyantes, si animées. Si désespérées aussi, en un sens. Pendant un moment, il avait oublié la Californie et la douceur de l'automne, la technologie qui les entourait et l'odeur vaguement alcoolisée pour retrouver la rudesse de l'Afghanistan, les infirmières aguerries au manque de moyen, l'équipement vétuste sous un hôpital de campagne abrité par une tente battue par les vents où vociférait militaires et civils, Américains et Afghans dans un brouhaha où se mêlait anglais et pashto. L'espace de quelques secondes, une minute tout au plus, il s'était laissé submerger par une vague amère de souvenirs. C'était rare, Dieu merci, mais jusque-là, en près de six mois, ça ne lui était jamais arrivé à l'hôpital. Pourtant, c'était exactement ces sensations, ce sentiment d'urgence absolue, teinté de désespoir, imbibé d'adrénaline, qu'il avait voulu retrouver en venant travailler ici plutôt qu'en traumatologie. Sa cadette, Patsy, spécialisée en psychologie, aurait pointé du doigt tout le masochisme d'une telle démarche, et son égoïsme aussi. Elle aurait dit combien c'était dangereux et avant le massif accident de voiture de la semaine passée, il ne l'aurait pas cru. Mais c'était dangereux, en effet, et Al devait peut-être songer à consulter, comme elle le lui répétait souvent. Il avait fallu qu'une infirmière le secoue pour qu'il retrouve ses esprits alors que défilaient les brancards autour de lui en une danse sordide. Il avait laissé cette nostalgie un rien morbide de côté pour se concentrer sur le cas qu'on lui avait amené puis il l'avait enfermée à double tour dans un coin de sa tête, loin, très loin de sa réalité. Ça valait mieux.

Par bonheur, les jours qui avaient suivi s'étaient déroulés sans le moindre événement notoire. Une chute dans les escaliers – réelle, malgré la récurrence de ce genre d'excuses chez certains patients – par ci, un coma éthylique par là, une malheureuse tentative de suicide ici, un nez cassé là, rien de mémorable, juste un quotidien si banale, si occidental aussi. Les petits bobos de gens à l'abri, inconscients des risques que d'autres prenaient chaque jour. Il lui arrivait de porter un regard hautain sur certains, les cas les moins importants souvent et, curieusement, généralement les plus geignards, les plus bruyants. Il se retenait de lever les yeux au ciel, mordait la réflexion acerbe qui lui montait aux lèvres avec un coup de bile pour leur rappeler la chance qu'ils avaient, vraiment. Mais il se taisait, conscient qu'il comptait parmi ces gens-là, lui aussi.

Il restait une bonne demi-douzaine d'heures avant la fin de sa garde mais les vingt autres qu'il venait de traverser commençaient sérieusement à se faire sentir. Un picotement désagréable chatouillait ses yeux lourds depuis son dernier examen et Al parvenait difficilement à se concentrer sur les papiers de sortie du patient qu'il devait remplir. « Docteur, allez vous reposer. On vous appellera en cas de besoin » lança l'infirmière, derrière le bureau. En d'autres circonstances, il l'aurait probablement envoyée balader sans autre forme de procès, sans s'arrêter sur le froncement de sourcils inquiet qui plissait son front. Aujourd'hui toutefois, Al était prêt à accepter un peu de sollicitude d'une collègue, probablement parce qu'il était réellement fatigué. « Bien, fit-il, retenant un bâillement au moment de lui tendre le dossier, bipez-moi dans une heure » ajouta-t-il, avec sérieux. De la sollicitude, oui, mais pas trop. Il n'était pas payé à faire la sieste, même si en l'occurrence, un café ne serait pas suffisant pour l'aider à tenir jusqu'à la fin. Puis, après une seconde de réflexion, il reprit : « disons plutôt une heure et demie. Et n'attendez pas que l'un d'entre eux tue un patient pour le faire, d'accord ? » insista-t-il avec un signe de tête pour les quelques résidents et internes de garde avec lui. Par bonheur, l'infirmière ne protesta pas et peut-être était-ce la fatigue mais Al aurait juré voir l'ombre d'un sourire détendre son visage pendant une seconde ou deux.

Bras croisés et yeux clos, il profita du court voyage en ascenseur pour se remémorer la liste que lui avait dicté sa fille au téléphone ce matin, en prévision de Noël. Il s'en occuperait plus tard dans la semaine, mieux valait ne pas traîner. Il avait raté le Black Friday parce que beaucoup avait cherché à éviter la garde, à Thanksgiving et il avait suffisamment d'expérience en matière de courses de Noël pour savoir qu'il valait mieux ne pas attendre la dernière minute pour s'y mettre. Demain, ça attendrait demain, qu'il ait dormi correctement dans ses propres draps et non dans un lit exigu du Menphis Wave. Gardant la tête baissée – hors de question de laisser à qui que ce soit l'occasion de venir lui dire bonjour, le temps lui était compté, merde – il gagna l'une des salles de repos à grands pas. Peu lui importait qu'elle fût libre ou non, il entendait bien dormir une bonne heure, même en la présence d'inconnus aussi fatigués que lui.

La pièce était plongée dans l'obscurité lorsqu'il referma la porte derrière lui mais, contre toute attente, pas silencieuse. Al songea d'abord à un couple et se figea, peu désireux de renouveler son expérience avec Marquez et Cartwright – formulation qui sous-entendait bien plus que ce qu'elle signifiait réellement, en fait, mais là n'était pas la question. Appuyé contre le panneau de la porte, l'urgentiste envisagea l'éventualité de rebrousser chemin discrètement, ni vu ni connu et d'oublier avoir jamais posé le pied dans cette salle. Mais après quelques secondes à entendre les murmures et gémissements qui emplissaient la pièce, il réalisa qu'il avait probablement affaire à une seule personne, ce qui n'était pas pour le rassurer. Parce que, fuck, une salle de repos n'était pas vraiment le lieu approprié pour les plaisirs solitaires – ou à plusieurs mais là encore, not the point. L'hygiène, bordel. Il s'approcha avec la ferme intention de mettre un terme à tout ça mais s'arrêta, à quelques mètres du lit. Juste assez pour distinguer une silhouette se débattant contre les draps, luttant la masse invisible d'un cauchemar qu'Al avait la sensation de connaître. Combien de fois s'était-il réveillé en sursaut et en sueur, alerté par ses propres cris, combien de fois avait-il ouvert les yeux au beau milieu d'un gémissement, combien de fois avait-il sangloté contre l'oreiller, longtemps après le réveil, les oreilles résonnant encore des suppliques d'un homme qu'il avait vu mourir, combien de fois avait-il recroisé l'impuissance de ces deux ans en Afghanistan, combien de fois l'avait-il laissée mordre sa chair, le clouer au sol – trop, trop, trop. Trop pour ne pas reconnaître cette situation. C'était aussi pour ça qu'il avait pris ce poste aux urgences, pour combattre l'impuissance, l'effacer à jamais de sa mémoire. Pour aider et pour s'aider.

Il ne reconnut pas uniquement la nature de ces plaintes mais la voix, celle de Rick Gregg, qui les poussait, étranglée par des souvenirs certainement trop vivaces. Souvenirs dont il n'aurait jamais soupçonné l'existence auparavant. Il connaissait de Gregg sa bonhomie, sa détermination, sa générosité aussi. La première fois qu'il l'avait convaincu à l'accompagner prendre un verre dans un bar dont il avait oublié le nom, Al s'était résigné, avait rangé ce type dans la case des lourdingues à éviter mais au final, il n'avait pas vraiment eu le choix. Il s'était laissé tenter par ses discours sur les femmes, sur le besoin de rebondir après un divorce. Il s'était laissé amadouer, rendu trop tendre par la solitude, trop amer aussi pour ignorer trop longtemps une main tendue avec sincérité. Mais jamais, ô grand jamais il n'aurait imaginé trouver un jour son ami – parce que Gregg était un ami, même si Al s'en était longtemps défendu – dans un tel état. Effaré, il resta un instant immobile, incapable de trouver la force, le courage d'approcher pour le réveiller. Mais il le fallait, parce qu'il connaissait la souffrance des cauchemars, savait toute la douleur qu'ils apportaient, quelle qu'en soit la nature. « Gregg, Gregg, bon Dieu, Gregg... RICHARD ! » gronda-t-il en le secouant, penché au-dessus de lui, sourcils froncés et gorge sèche. Non, vraiment, il ne s'attendait pas à ça en poussant cette porte mais la fatigue semblait s'être envolée, à présent reléguée au second plan.
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MessageSujet: Re: nightmares follow you like a shadow, forever w/ rick   Sam 5 Déc - 23:29



    Il y avait des moments comme ça ou un grand nombre d’évènements venaient prendre place dans la vie d’une personne. Cette année, Rick devait penser à Noël avant tout, car il irait sans doute dans sa famille. Il savait que sa mère l’attendrait, ainsi que sa sœur et son frère. Mais, il n’était pas certain que ça soit une bonne chose. Il les aimait sincèrement, mais à chaque fois qu’il mettait les pieds dans la même pièce qu’eux, ils s’attendaient à ce qu’il ne soit pas seul. Il était l’aîné, mais le seul à être célibataire et ne pas avoir d’enfants. Forcément sa mère lui demandait quand elle serait grand-mère, puis sa sœur lui proposait de lui faire rencontrer ses amies et son frère lui, voulait savoir s’il était vraiment célibataire ou s’il ne leur cacherait pas quelqu’un. A chaque fois qu’il les voyait, il y avait le droit, donc il verrait bien s’il irait les voir ou s’il resterait chez lui. Même s’il savait que fêter Noël n’était pas aussi festif que de le passer en famille, il verrait le moment venu. Pour l’instant, il devait penser à leur acheter leurs cadeaux et la veille, il s’y était attelé. Ca n’avait pas été simple, mais il était parvenu à tout prendre. Le plus dur ayant été de devoir tout emballer, parce qu’il n’était clairement pas un expert, mais il avait fait de son mieux.

    Malheureusement, il savait qu’il n’y aurait pas que sa famille qui pourrait lui prendre du temps. Son travail aussi allait clairement le faire trimer. Il ne comprenait vraiment pas certaines personnes qui pouvaient finir aux urgences. Parce que oui, quand ses patients allaient bien, il allait parfois aider aux urgences. Cependant, il y avait des personnes qui ne semblaient pas prendre conscience que certains objets pouvaient être dangereux ou qu’ils devaient réfléchir avant d’agir. Il ne s’était encore jamais emportés contre qui que ce soit ou les traitant d’idiot, mais il savait que ça finirait bien par arriver un jour ou l’autre. Autant certaines personnes étaient victimes d’accidents, autant d’autres semblaient simplement bêtes. Aujourd’hui, il avait donc aidé un peu aux urgences, avant de devoir aller d’urgence au bloc, car une de ses patientes devait être opérée. Il était donc partit rapidement se changer et soigner sa patiente. Ca n’avait pas été simple, mais il y était parvenu. Seulement, ça lui avait rappelé certains souvenirs qu’il préférait toujours autant oublier. Pour ne pas y songer, il avait donc enchaîné les patients, avant de sentir que la fatigue allait le rendre inutile.

    Expliquant qu’il allait dormir un peu, il fila jusqu’à une salle de repos. Trouvant une vide, il enleva sa blouse et ses chaussures, avant de s’allonger et de tourner le dos à la porte. Il savait que quelqu’un pourrait finir par avoir besoin d’un lit, mais pour le moment ce dernier serait pour lui. Il trouva rapidement le sommeil et commença à rêver, avant que les cauchemars n’arrivent. Au départ, ça ne fut pas si tragique de revoir le visage de personnes qu’il avait apprécié au fil des années, mais de voir le corps sans vie de certaine, ça devenait plus difficile à gérer. Son esprit recommençait à lui jouer des tours et il se retrouva à se tourner dans le lit. Il ne trouvait pas le moyen de sortir de ses cauchemars. Les mêmes images passaient sans arrêt dans son esprit et rien n’y faisait. Les mêmes corps inanimés, certains avec les yeux grands ouvertes qui le fixaient. Deux enfants qu’il avait soignés, mais qui s’étaient fait tuer par des bombes lancés dans des villages. De très mauvais souvenirs et son front commença à se recouvrir de sueur. Il ne parvenait pas à sortir de ce monde qui était dans son cerveau et il se mit à transpirer avant de laisser entendre un gémissement, une plainte de ce qu’il vivait une fois endormit.

    Evidemment, il ne s’était pas rendu compte qu’il n’était plus seul dans la pièce. Son esprit l’avait amené trop profondément dans son passé pour qu’il puisse détecter la présence d’une autre personne. Les corps continuaient de passer devant ses yeux, avant de voir le visage de leur assassin. Cet homme qu’il avait revu quelques jours après la tuerie et qui avait voulu le tuer à son tour, pour venir en aide aux villages. Une longue histoire, mais un visage qu’il n’oublierait jamais et cette fois-ci encore les deux hommes en venaient aux mains. Seulement, quand il entendit son prénom, il se redressa d’un seul coup, attrapant la gorge de Al, pour venir le plaquer au sol. Il n’avait rien contre le médecin, mais il était encore à moitié endormit et ce fut en recevant un coup qu’il se réveilla et qu’il vit qu’il était en train de serrer la gorge de l’autre homme. Se relevant, il s’assit sur le lit et fronça les sourcils.

    Désolé.

    Il savait que ça n’était pas suffisant, mais il ne voulait pas en parler. Secouant la tête, il essayait de faire fuir les images qui le hantaient encore, avant de regarder l’urgentiste.

    Je …

    Sa respiration était encore rapide et même s’il était réveillé, la réalité était difficile à voir.

    Ca va ?

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MessageSujet: Re: nightmares follow you like a shadow, forever w/ rick   Lun 7 Déc - 1:47

L'Afghanistan était un sujet qu'il n'abordait, ni avec d'autres, ni vraiment avec lui-même. C'était une foule de souvenirs, plus ou moins heureux, plus ou moins terrifiant, qu'il gardait à l'abri dans un recoin de son crâne. La boîte de Pandore en somme. Depuis son retour, ses proches et plus particulièrement sa cadette, thérapeute dans l'âme, le suppliaient de consulter, craignant de le voir flancher mais il allait bien. Parfaitement bien. Il n'y avait que dans l'obscurité de la nuit que les vieux démons resurgissaient, sous une forme cauchemardesque, fumeuse et exacerbée. Il se réveillait en sueur, les pupilles dilatées, prêt à courir pour trouver un abri comme c'était arrivé à plusieurs reprises là-bas. Curieusement il était toujours seul dans ses rêves. Comme dans la réalité d'ailleurs, parce que personne ne comprenait vraiment.

Sauf qu'il n'était pas seul, pas alors qu'il voyait son ami se débattre. Il n'était pas seul et une partie de lui avait du mal à admettre que ce dont il était le témoin à cet instant précis était réel. Rick était un type enjoué, agréable à vivre. Jamais Al n'aurait imaginé qu'il puisse être en proie à pareille souffrance. Son instinct lui hurlait de lui venir en aide et c'est ce qu'il pensait faire en le secouant, en l'arrachant au sommeil insufflateur de terreur. Le sol se déroba soudain sous ses pieds tandis qu'une main agrippait son cou, violente, prête à se défendre coûte que coûte. Le souffle coupé, Al écarquilla les yeux, immobile pour une seconde ou deux mais avant même qu'il cherche à se débattre, Rick le lâcha, trouvant refuge sur le petit lit. Holy shit. Haletant et blême, l'urgentiste recula sur les coudes, plus choqué qu'il ne voulait bien l'admettre, tant par la fulgurance d'une telle attaque que par la fragilité de la voix de cet homme qu'il pensait pourtant connaître bien. Sa respiration irrégulière, trop rapide faisait presque écho dans la pièce et Al ferma les yeux un instant. Il ne lui en voulait pas. Comment aurait-il pu ? Il aurait pu être à sa place, sur ce lit inconfortable, il aurait pu refermer une main sur son cou en pensant être agressé, en s'imaginant de nouveau sur le terrain. Il connaissait cette sensation, il avait appris à vivre avec, à passer certaines de ses nuits, parfois entière, à ses côtés. Il ne pouvait pas lui en vouloir. « Ne t'excuse pas, répondit-il finalement en rouvrant les yeux, je, je vais bien » Il était surpris, choqué même et il n'était pas certain de comprendre tout ce qui était en train de se passer mais il allait bien. Il avait vécu pire que ça, bien pire mais ce qui rendait la chose plus triste, c'est qu'elle arrivait ici, au sein même de l'hôpital, dans le bastion du confort et de la sécurité américaine, où une journée en observation pouvait coûter plusieurs centaines de dollars. Là où ils étaient sensés rester calmes, maître d'eux-même en toutes circonstances mais le sommeil, les cauchemars n'avaient que faire de tout ça. Face à ses souvenirs du Moyen-Orient, Al avait toujours l'impression d'être un petit garçon. Et face à ceux de quelqu'un d'autre aussi, apparemment.

Il déglutit avec difficultés, n'osant presque pas croiser le regard de son ami mais quelque chose – la curiosité sans doute, ce vilain défaut – attirait son regard. Il ne pouvait pas vraiment baisser les yeux non plus, contraint à observer furtivement, tiraillé entre l'envie d'en savoir plus et le besoin de respecter la vie privée d'un proche. « Ça va, vraiment. Ne t'excuses pas, tu n'as pas besoin – je comprends » Mais comprenait-il vraiment ? Certes, au premier coup d’œil, leurs expériences pouvaient sembler similaires mais il ignorait tout de ce qu'avait vécu Richard. Au fond, ils se connaissaient même pas vraiment. Al se releva lentement et, une fois sur ses jambes encore un peu tremblantes, il souleva un peu sa blouse, dévoilant la seule trace de toute cette folie, unique preuve de ses deux années en enfer. La blessure n'avait été que très superficielle, toutefois suffisamment importante pour marquer la peau pour de longues années. La cicatrice n'était pas si parlante, au premier abord. Pour un citoyen lambda qui aurait posé les yeux dessus, il aurait été difficile d'imaginer sa provenance. Al l'effleura d'un doigt, prêt pour la première fois depuis son retour à en parler. « Une balle m'a effleuré l'année dernière, en Afghanistan. Juste une balle perdue, rien de bien grave. Rien comparé à tout ce que j'ai pu voir. J'étais en mission humanitaire et opérer dans des zones de tensions, c'est pas vraiment ce qu'on fait de plus sûr, comme médecine » fit-il avec un bref sourire. L'euphémisme du siècle, vraiment. Les mots avaient un drôle de goût dans sa bouche, une lourdeur qu'il avait jusque-là songé insurmontable chaque fois qu'il les avait approché, dans sa tête. « Parfois il m'arrive de rêver qu'elle dévie de quelques centimètres. C'est presque sympathique, à côté de qui arrive certaines nuits » Il se tut, la gorge nouée par l'émotion. Ses traits s'étaient durcis, sa mâchoire, serrée, et sur sa joue se jouait un muscle, nerveux, incontrôlable. Ne pas flancher, ne pas y penser, c'était devenu un mantra depuis son retour et maintenant, il n'était plus sûr que ça ait jamais eu le moindre sens. Parce qu'il n'était pas seul.
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MessageSujet: Re: nightmares follow you like a shadow, forever w/ rick   Lun 25 Jan - 0:26



    Il y était habitué, seul chez lui. Personne ne savait ce qu’il avait vécu et il n’avait pas envie que qui que ce soit vienne à le savoir. C’était pour cela qu’il n’amenait pas de conquêtes chez lui, pour pouvoir partir de chez elles et rester chez seul chez lui. Il dormait encore moins à l’hôpital, mais cette fois-ci il n’avait pas le choix. Malheureusement pour lui, il était en train de faire un cauchemar et en se sentant secoué, la première chose qu’il fit, fut de se défendre, attrapant alors Al à la gorge et commençant à serrer de toutes ses forces. Mais, il finit par reprendre pied dans la réalité et surtout en voyant que la personne qu’il était en train de tenter d’étouffer n’était pas un ennemi. Au contraire, l’autre médecin était un ami même. Le lâchant, il recula vivement et s’excusa. Il savait que ça n’allait pas suffire, mais il ne voulait pas parler de ce dont il avait rêvé. De plus, il ne savait pas quoi dire en cet instant. Il venait d’attaquer le jeune homme et il se sentait assez mal comme ça sans avoir à donner des explications supplémentaires. Fronçant les sourcils quand l’urgentiste lui indiqua qu’il n’avait pas à s’excuser, il fut surprit de l’entendre dire cela. Heureusement, il allait bien selon ce qu’il venait d’ajouter, mais il ne comprenait pas pourquoi il ne devait pas être désolé. Il venait de l’attaquer, ça n’était pas rien. Il comprenait ? Comment cela était-il possible ? Ils n’avaient pas servi ensemble et même s’il appréciait le plus jeune, il ne savait pas vraiment grand-chose de lui. Il aimait bien l’embêter de temps en temps et il tenait vraiment à lui, mais il n’avait jamais cherché à en savoir plus le concernant.

    Le regardant se lever, Rick se redressa sur le lit et il vit Al soulever sa blouse. Voyant alors sa blessure, il haussa les sourcils. Levant les yeux en l’écoutant parler, il fut surprit de l’entendre dire la vérité sur cette blessure. Il avait aussi été sur le terrain en pleine guerre et Rick savait pourquoi Al avait dit qu’il le comprenait. Hochant la tête ne l’entendant dire que ça n’était pas dans ce genre d’endroits qu’on faisait la plus sûre des médecines, il avait totalement raison. Mais certains médecins comme eux étaient là pour aider peu importe l’endroit. Seulement, il fut encore plus surprit en l’entendant dire qu’il l’imaginait quelques centimètres ailleurs et que lui aussi faisait des cauchemars. Ca, il ne s’y était pas du tout attendu et il hésita avant de se lever à son tour. Soulevant son haut, il montra sa hanche droite.

    Une balle perdue dans un conflit qui ne me concernait pas.

    Se tournant, il souleva entièrement son haut et montra une longue ligne sur son épaule gauche, une lacération de quelques centimètres.

    Un coup de fouet qui était destiné à une femme et ses enfants.

    Baissant le tout, il se retourna à nouveau vers l’autre médecin.

    Elles ne font plus mal depuis longtemps, mais elles sont toujours présentes là-haut.

    Tapotant sa tempe de son doigt, il devait avouer que c’était la première fois qu’il en parlait de la sorte avec qui que ce soit. Soupirant, il se passa les mains sur le visage et regarda à nouveau son ami.

    Je ne savais pas que tu avais été touché de la sorte. Les autres ont dit que tu avais été sur le terrain, mais je ne pensais pas que tu étais du genre à porter ce genre de marques.

    Il parlait physiquement, mais également psychologiquement. Apparemment ils avaient plus de points communs qu’il ne l’avait pensé jusqu’à maintenant.




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