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 (Cece) i'm just walking with a ghost

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MessageSujet: (Cece) i'm just walking with a ghost   Dim 29 Nov - 18:11

✃ everyday is still the same and i don't know what to do

« On dégage! » L’ordre éclate dans le silence répugnant, agressif, qui possède la pièce toute entière et engloutit, progressivement, ceux qui s’y trouvent. « On dégage. » Répète une voix, pour affoler les retardataires. D’un pas en arrière Frances obéit déjà, ses mains gantées, de silicone et d’hémoglobine, en l’air alors que son regard reste figé sur les traits apaisés de son patient, la nouvelle décharge ne donnant toujours rien. « Ça fait combien ? » Nul besoin de préciser, l’horloge au-dessus de la porte leur rappelle que le temps n’a cessé de filer. Les secondes sont devenues des minutes et pendant que les aiguilles cherchent à s’entrelacer, le coeur de cet enfant refuse de se relancer. A l’espoir fébrile s’ajoute l’acharnement, Frances qui plonge à nouveau ses mains dans la poitrine ouverte, le coeur à nu qui pâlit, qui ne s’affole plus de l’effleurement des doigts de la chirurgienne sur son muscle. « Il faut le prononcer.. On se cherche du regard, on respire plus fort comme pour lutter à la place du gamin qui n’a plus de souffle. Plus de vie. Docteur Austeen ? » Le ton explose, la culpabilité déjà remplacée par la colère, la rage de l’inutile, de la force d’un supposé Dieu face à celle de la médecine. Personne ne bouge, comme par un respect étrange, dans l’attente d’une réaction de la titulaire dont le regard reste figé sur les constantes.. Plates. Alors, les mains de nouveau en l’air, le liquide vermeil qui lui coule le long des avant-bras et tombe en petites gouttes de ses coudes, s’écrasent au sol comme son courage. « Heure du décès.. » Le ton est monocorde et tandis qu’on s’agite pour éteindre les machines, recouvrir le corps et ramasser les instruments, Frances se dégage et quitte le bloc, retirant sa tenue dans un élan de rage à peine contenue. C’est le deuxième cette semaine. Sous sa surveillance. Le second patient dont la vie file entre ses doigts pourtant assurés et même si elle connait la règle des trois, la titulaire sent monter cette sensation dégueulasse de l’insuffisance. De l’incompréhension. Qu’a-t-elle fait de mal ? Qu’a-t-elle manqué ? A quel moment les choses ont-elles dégénéré, alors que toutes les variables étaient en sa faveur ? Frances a horreur de beaucoup de choses, mais le fait de ne pas savoir, de ne pas réussir à comprendre, fait sans doute parti du top cinq. Ça, puis devoir parler à des parents éplorés, qui ne parviennent pas à se raisonner et qui, selon Frances, se donnent en spectacle dans la salle d’attente, des larmes grosses comme des billes qui coulent sur leur visage. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir. Ça ne les réconforte pas, ça n’aide pas non plus vraiment le chirurgien à se sentir mieux dans sa peau.
Bientôt, les larmes viennent humidifier la blouse que Frances porte, la mère qui se jette dans ses bras alors que le père tient leur fille aînée. Une proximité qui dérange et qui oblige la grande blonde à faire preuve d’un manque cruelle d’empathie alors qu’elle la repousse, s’excuse une nouvelle fois selon le code établit et fait demi-tour d’un pas rapide. Elle évite les contacts, les rencontres inattendues dans l’ascenseur et se précipite dans la cage d’escaliers pour s’arrêter au bureau des secrétaires, exigeant le rapport sur l’autopsie le plus rapidement possible. La règle de trois. Ça lui arrache un sourire mauvais alors qu’elle pousse violemment la porte de la salle des titulaires, en se foutant bien que quelqu’un puisse potentiellement se trouver derrière. La rumeur d’un nouveau décès au bloc trois qui se profile déjà, les ragots qui se diffusent aussi vite qu’une MST dans le coin. « Y a plus de café. » Frances ignore si la voix est réelle ou si elle l’imagine, le regard rivé sur la cafetière, à la maudire pour être incapable de se remplir toute seule. Et la porte qui claque à nouveau dans son dos, sans qu’elle sache si quelqu’un entre ou sort, parce qu’à ce stade-là, elle s’en fout un peu, plus occupé à fouiller les placards pour du café en poudre, des jurons bien sentis qui fusent entre ses dents serrées.
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MessageSujet: Re: (Cece) i'm just walking with a ghost   Lun 30 Nov - 13:22

Elle s'accroche à son gobelet comme à une bouée. Comme si, dans les grains de café, elle trouverait le remède pour sauver la situation. L'ambiance aseptisée qui l'entoure lui donne le tournis et elle est heureuse de finir sa journée plus tôt. Elle a une passion dévorante pour son métier, mais la satisfaction de gagner une bonne nuit de sommeil est une sensation dont elle ne peut pas se lasser. Sa main remonte la lanière de sa guitare sur son épaule droite laissant ses pieds la mener distraitement vers la cage d'ascenseur. Ses doigts glissent sur les numéros avant d'appuyer sur le chiffre quatre qui s'illumine après une légère pression. Elle a un sourire peint sur ses lèvres, les épaules légèrement affaissées, le dos cambré contre le mur et cette moue épuisée mais heureuse qui encercle son visage. Dans son esprit, tout tourne au ralenti, résultat d'une garde et d'une journée à deux cent à l'heure, à s'activer et à traverser tout l'hôpital de long en large. Mille fois de suite. La vision des enfants pendant qu'elle leur jouait quelques musiques lui a redonné un nouveau souffle. Elle aime bien, venir en pédiatrie. Pour eux, pour leur donner un peu de joie, un peu de vie. Secrètement, elle avait espéré y croiser Frances aussi. Par habitude ses yeux chocolats avaient fouillé la salle à la recherche de sa présence, de sa silhouette fine et élancée, de ses cheveux blonds et de son regard aussi doux que froid. Elle ne s'est pas permise de questionner une infirmière pour savoir où la titulaire aurait pu être, ça aurait été égoïste, pas vraiment professionnel. Alors elle s'est assise sur une petite chaise en plastique orange pour laisser ses ongles gratter les cordes de sa guitare. L'instant était magique, presque trop beau. Les petits visages des enfants qui s'illuminent quand ils reconnaissent une chanson, leurs voix fluettes qui chantonnent les mélodies et ceux qui veulent s'essayer à la guitare. Cece ne regrette jamais de venir ici pendant son temps libre. Elle a depuis longtemps remarqué qu'elle avait autant besoin qu'eux de ces moments. Relevant un instant le visage, un sourire béat mais toujours fatigué étire ses lèvres. Au quatrième étage, la salle des titulaires n'est pas très loin de l'ascenseur. Elle s'y engouffre, un peu hésitante, un peu au milieu d'une conversation sur du café. Par habitude elle offre un petit signe de tête aux titulaires qui y sont présents, cherche Lip du coin de l'œil avant que son regard ne trouve la silhouette de Frances. La titulaire s'active à fouiller les placards alors que Cece sent sa poitrine se gonfler d'une culpabilité qui la ronge tout doucement. Elle ne sait pas quoi dire, ni quoi faire, comme si on venait de lui piquer sa faculté de parler. Peut-être qu'elle est devenue muette. Fébrile, elle trouve le sachet de café posé entre une bouteille d'eau et un journal qui le cache. Elle s'en saisit d'un geste déterminé, s'avançant jusqu'aux meubles pour venir s'y adosser à côté de Frances qui cherche toujours. « Tiens. » Dévorée par sa fierté et le manque créé par l'absence de son amie dans sa vie, elle lui offre un regard et une moue bizarre. A mi-chemin entre la grimace et le sourire. « Je te laisse m'offrir un café. Avec du lait et de sucre, merci. » Plus facile de passer sa commande que de s'excuser. Et puis, elle laisse sa guitare reposer contre le meuble, prenant appuie sur celui-ci, elle se hisse pour s'assoir dessus. « J'ai encore le droit de te demander comment tu vas ? » La voix trop hésitante, loin de la fille fière qu'elle est d'habitude.
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MessageSujet: Re: (Cece) i'm just walking with a ghost   Lun 30 Nov - 14:28

✃ everyday is still the same and i don't know what to do

Elle entend que ça remue dans son dos, mais Frances s’obstine à ne pas se retourner, parce qu’elle n’a toujours pas trouvé ce qu’elle cherche, parce que le silence soudain indique qu’une autre personne est entrée et qu’elle n’a pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s’agit. Le parfum discret, mais doux, qui se mêle aux odeurs déjà présentes, sans parler du son d’un bois creux qui tape contre quelque chose, doucement, sont autant d’indices qui l’informent sur l’identité de la personne. Ceci. Par fierté et mauvaise foi, Austeen intensifie sa recherche, ses gestes qui se font un peu plus hasardeux parce que la culpabilité lui nécrose la poitrine. Il y a une raison, valable ou non, pour qu’elle ait toujours refusé de se lier à ses collègues de travail, qu’ils soient ou non du même service qu’elle; pour s’éviter ce genre de désagrément, cette situation tendue, probablement que de son côté, causée par des opinions divergentes, une vision des choses incompatibles. Toutes ces différences qui faisaient leur force et qui, pour son plus grand déplaisir, font désormais leur manque de communication, de patience, d’amitié. Elle s’en mordrait les doigts, Frances, si elle pouvait faire preuve, pendant deux secondes, d’un peu d’honnêteté, mais c’est pas le cas. Jusqu’ici elle a survécu sans véritables amis proches, alors avec ou sans Cece, c’est pareil. Surement. Ça n’explique pas, malgré tout, le pincement au coeur quand elle entend sa voix, trop proche et qu’une boite en fer se glisse dans son champs de vision, une main rattachée à l’objet de ses recherches. Cessant de fouiller, Frances referme les placards avec plus ou moins de délicatesse, attrapant le café, sans un regard vers la brunette, non sans lâcher un « merci » qui manque de sympathie.
Du coin de l’oeil, pourtant, Frances la devine, l’imagine sans trop de mal, mais sa fierté mal placée l’empêche de toute initiative ou tentative de trêve. La dosette en noir, le geste coupé, la grande blonde semble hésiter quelques secondes, l’oreille tendue, avant de reprendre ce qu’elle fait; remplir le filtre avec un peu de brusquerie, de la poudre noir qui se répand sur le bois du meuble, qu’elle balaie d’une main rageuse, comme elle a balayé leur partenariat pour des raisons quelques peu absurdes qui, maintenant qu’elle y songe et avec toute l’honnêteté qu’il lui reste, n’auraient pas du faire poids dans la balance. Qui n’auraient pas du piétiner aussi aisément ce quelque chose qui unissait deux femmes sans véritables similitudes. « C’est drôle, je te pensais du genre à aimer ton café amer. » La pique n’est pas aussi mesquine qu’elle le veut, parce qu’elle sait qu’au cours d’un autre jour, dans une autre situation, Frances aurait apprécié cette tentative déguisée et aurait accueillit sa camarade à bras ouverts, enfin dans la mesure du possible.
Mais pas aujourd’hui, pas maintenant, parce qu’elle a envie d’être injuste, de laisser un peu tomber le voile de neutralité qui l’habille constamment et qu’elle a perdu son deuxième patient en une semaine. Qu’elle se le pardonne pas et, surtout, parce qu’elle peut pas s’empêcher de faire un parallèle avec l’affaire Monroe, comme si l’erreur du chirurgien flottait désormais au-dessus de leur tête, à tous, les poussant à surveiller leurs arrières.
Se penchant un peu, Frances récupère de l’eau pour la cafetière, avant de s’arrêter pour la verser, un silence pesant avant de rétorquer, sur le ton le plus plat qu’elle est capable d’avoir. « Pourquoi ? Pour que je réponde non et que tu m’assènes un coup comme à Monroe ? C’est ce que tu fais, non, avec les gens dont tu es proche.. » Elle vise bas, elle tape là où elle sait que ça blesse, mais Frances n’a pas l’esprit assez tordu pour réellement désirer donner un coup à son amie.. Seulement sa franchise l’empêche de mettre un filtre assez puissant sur ses paroles, à contrôler sa penser et elle sait déjà que le sujet va revenir sur le tapis. Le pire, dans l’histoire, c’est qu’au final elle s’en fiche un peu de ce qui est arrivé à Lip, c’est seulement la manière dont ça a été géré et le manque d’objectivité de Cece dans l’affaire.
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MessageSujet: Re: (Cece) i'm just walking with a ghost   Lun 30 Nov - 21:43

Elle a toujours été maladroite pour parler de ce qu'elle ressent. Toujours hésitante, toujours trop réservée et pas assez ouverte. Pas assez spontanée, pas assez passionnée pour dévoiler des sentiments qui sommeillent tout au fond d'elle. Ils sont là, bien présents, vibrants d'amour et d'amitié pour ceux dont elle se croit particulièrement proche. Et proche de Fran, elle a toujours eu la sensation de l'être. Elle n'a préparé aucun discours, aucun beau papier pour lui expliquer que sa petite présence froide et pleine de sarcasmes lui manque. Frances lui semble à des milliers de kilomètres, hors d'atteinte, trop loin. Ça aurait été idiot de croire que les choses pouvaient s'arranger par magie uniquement parce qu'elle lui a trouvé la boite à café. Que Franny ne l'ignore pas est un point positif mais sa voix sans saveur lui prouve que les choses sont loin d'être comme avant. La situation est particulièrement étrange, presque gênante. Cece voudrait paraître indifférente, comme elle avait réussi à le faire avec Lip à plusieurs reprises, mais face à son amie, elle se sent petite, plus faible. Presque démunie. « C’est drôle, je te pensais du genre à aimer ton café amer. » Sa remarque l'embête. Dans un autre contexte, Cece aurait répliqué, moqueuse et amusée. Puis elle aurait compté les points pour savoir laquelle gagnerait cette joute verbale. Ça a toujours été leur truc, de se chamailler, mais aujourd'hui leurs boutades ont un goût dégueulasses. Elle n'avait pas pensé qu'elle se retrouverait aussi vite confronté à Fran et maintenant qu'elles sont là, ensemble, dans la même pièce, elle ne sait pas quelle direction prendre. Sa fierté l'encourage à partir, à tirer un trait sur cette affaire avec Lip, sur son amitié avec Frances, mais il y a aussi tous ces sentiments étranges et nouveaux. Cet élan d'amitié et d'affection qui l'atteint en plein cœur à chaque fois qu'elle peut rire un bon coup avec Frances. Elle baisse la tête, triture ses doigts sans réussir à poser de mots sur sa culpabilité. De nature trop fière, elle ne sait pas comment faire pour s'excuser. Mais elle n'a plus rien à perdre. Tout s'est envolé à la minute où elle a accusé Lip. A la minute où elle a été incapable de le retenir et où Franny lui a reproché son manque de recule sur la situation. Ce n'est pas la première fois qu'elles se prennent la tête, mais la première fois qu'un fossé les sépare. « Pourquoi ? Pour que je réponde non et que tu m’assènes un coup comme à Monroe ? C’est ce que tu fais, non, avec les gens dont tu es proche.. » Ce n'est plus sa fierté qui en prend un coup, c'est directement son cœur. Touchée par son reproche, elle ne relève même pas la tête, préférant observer ses pieds qui fouettent l'air. Elle regrette le temps où elle retrouvait Phillip dans un placard, où ils ne s'échangeaient que des regards complices pour se séduire. Le temps où Frances ne la regardait pas de travers pour ses choix et les décisions qu'elle pouvait prendre. Ça semble venir d'une autre époque. Ces souvenirs paraissent appartenir à une autre fille. « Si tu me réponds non, je donnerais un coup à la personne qui t'a rendu malheureuse. » Pas de nature violente, elle tente simplement de faire comprendre qu'elle ne resterait pas sans rien faire si quelqu'un s'en prenait à Franny. Pour la première fois depuis des années, elle peut voir à quel point une amitié compte à ses yeux. « Je te proposerais pas de te faire un câlin, mais je serais là, si tu as besoin. » Ça donne une sensation tellement bizarre de se confier qu'elle relève la tête, un sourire encourageant sur les lèvres. « Et je t'inviterais à passer la soirée dans un bar autour d'une bouteille de tequila. » Le souvenir de leur dernière soirée lui revient en tête et elle est déçue de constater que cette soirée remonte à plusieurs jours. Semaines, presque. « L'invitation marche même si tu réponds oui. » Elle fixe l'autre titulaire assis dans la salle qui fait mine de ne pas écouter leur échange. Si Frances avait été réceptive à ses taquineries, elle se serait jouée de l'homme qui attend sûrement d'entendre quelques ragots. Elle se saisit d'un paquet de biscuits pour le proposer à son amie. « Maintenant tu peux avouer que je te manque. Parce que toi, tu me manques. Un peu. Pas trop. » Cette fois-ci, elle sourit plus vivement.
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