AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 take a look what you've done. (lip)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: take a look what you've done. (lip)   Mar 24 Nov - 11:39

Elle s'accroche à son stéthoscope tout en se laissant retomber dans le fauteuil face au bureau. Certaines journées sont souvent interminables, épuisantes et difficiles. Comme aujourd'hui où elle vient d'annoncer à une patiente que son cancer est revenu. Il n'est jamais parti, à vrai dire, mais il diminuait, il s'affaiblissait. Un cancer ne disparaît jamais vraiment, c'est toujours ce qu'elle se contraint à penser. Sauf que sa patiente y croyait, elle avait un espoir fou, un espoir sublime de guérir enfin. Cece l'avait vu dans son regard, dans ses yeux qui pétillaient depuis des semaines. Et c'est toujours étrange, toujours particulier. Ce moment où il faut prononcer ces mots qui briseront l'espoir du patient. Elle a essayé d'annoncer le résultat des derniers examens avec douceur mais la douceur ne change pas le verdict. Elle suit cette patiente depuis des années, la voyant au plus bas, puis au plus haut - cultivant cet espoir de guérison - avant de revenir au plus bas. Elle aurait donné n'importe quoi pour lui éviter ça. Alors, depuis ce rendez-vous, elle replace minutieusement chaque objet posé sur le bureau. Elle a déplacé trois fois un crayon pour finalement le remettre à sa place initiale. Inconsciemment, ses mains bougent et rebougent chaque objet. Pas pour se détendre, ni même pour penser à autre chose qu'à cette femme, mais par habitude, par besoin que tout soit à sa place, sans défaut, sans problème. Après avoir passé une vingtaine de minutes à tout ranger, elle se retrouve dans les couloirs où l'une de ses amies termine son service et vient lui faire la conversation. Les deux femmes se dirigent vers les ascenseurs, l'une expliquant une anecdote farfelue qui s'est déroulée pendant une consultation, tandis que l'autre se contente de rire tout en y ajoutant ses commentaires. Arrivée au rez-de-chaussée, l'infirmière en sort pour retourner chez elle pendant que Cece appuie sur le bouton numéro quatre, afin de rejoindre l'étage où se trouve la salle des titulaires. C'est seulement lorsque les portes se referment qu'elle fait attention à la personne qui en a profité pour entrer dans l'ascenseur quand son amie en est sortie. Elle fixe les parois, l'air de dire « ils sont jolis les murs » mais son regard dévie trop souvent vers l'homme à ses côtés. Cece ne peut s'en prendre qu'à elle-même si aujourd'hui ils agissent comme des inconnus. Mais en croisant le regard de Lip, pendant une minute, elle comprend qu'il ne sera plus jamais un inconnu. Ils avaient eu besoin l'un de l'autre pendant des mois, cherchant la présence de l'autre, de son corps ou simplement d'un regard complice. La titulaire pourrait toujours essayer d'être trop fière pour être touchée par leur histoire - comme elle l'avait fait quand il avait expliqué vouloir plus que des rencontres dans un placard - mais ça serait difficile. Elle a toujours besoin de lui. Elle replace son badge correctement, cinq ou six fois, sans même en avoir conscience. Gênée, elle ne sait pas quoi faire d'autre que de fixer les numéros des étages. « On a jamais couché ensemble dans l'ascenseur. » Elle ricane, prenant conscience de sa bêtise. Après tout ce temps, c'est la seule chose que Cece trouve à dire. Elle a toujours été discrète sur ce sujet. Par respect, pour garder leur histoire comme un secret précieux. Mais peut-être que c'est pour le faire réagir, pour qu'il lui parle. Eux qui ne se disent plus rien, eux qui sont gênés de se retrouver ensemble désormais. L'ambiance semble presque trop étouffante. Elle hésite à bloquer l'ascenseur pour rester plus longtemps avec lui, mais elle n'en a sûrement plus le droit. « Tu vas à quel étage ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   Mar 24 Nov - 14:05

- Tu vas y arriver, t'en fais pas. C'est pas si difficile et tu m'as vu le faire un bon paquet de fois, dit-il à sa résidente, un sourire qui se voulait rassurant accroché aux lèvres, même si en réalité, il était très peu convainquant. Non pas parce qu'il ne croyait pas en ses capacités, mais parce qu'il était absolument dégouté d'être privé de cette intervention. Lip adorait opérer, même lors des plus petites opérations, les trucs insignifiants dont les requins de la chirurgie (comme il aimait les appeler) se foutaient totalement. Il aimait l'ambiance d'un bloc, être concentré sur un seul objectif et sauver des vies. Son boulot, c'était la continuité de sa propre personne, si bien que sa vie personnelle se réduisait au néant. Tout se rapportait à l’hôpital – Ses amitiés, ses relations avec les femmes... Même quand celles-ci viraient au drame, comme ce fut le cas avec une certaine titulaire en oncologie avec qui il n'avait plus aucun contact depuis plusieurs jours suit à une violente altercation. Elle n'avait pas été brutale par des gestes, mais par des mots et cela était bien pire aux yeux du jeune chirurgien, si bien qu'il ne faisait que ressasser cette dispute qui était liée à l'interdiction temporaire d'exercer ses fonctions. - Allez, file. Je te dis pas bonne chance, c'est pour les débutants et les nuls. Il rit à ses mots, désireux de la détendre un peu avant son opération. Il la regarda s'éloigner, jaloux de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Il en était devenu pitoyable, les yeux criblés de cernes à force de ne pas dormir. Il revoyait chaque détail de l'intervention qui avait changé sa vie, mais rien ne lui semblait anormal. Il était certain d'avoir tout fait correctement, mais très peu de gens semblaient en être aussi sûrs que lui. Certains l’appelaient même '007' permis de tuer, comme le voulait la coutume. Ce qu'il pouvait détester ses collègues, parfois. Il regarda sa montre, il était grand temps de partir. Il avait terminé ses consultations et n'était pas de garde, il n'avait donc plus rien à faire là-bas, malheureusement. Il attendait sagement la venue de l'ascenseur qui semblait prendre son temps. Durant une seconde, il songea à prendre les escaliers, mais le bruit annonçant l'arrivée de l'engin le sortit de ses pensées. Une jeune femme en sortit, mais il était bien trop préoccupé pour se soucier de ce qu'il se tramait autour de lui. Il s’engouffra dans la gueule du monstre de métal, puis s'adossa contre le mur du fond. Par politesse et habitude, il décrocha un petit hochement de tête en guise de salutations lancés dans le vide comme une bouteille à la mer. Le temps défilait lentement ou alors était-ce une simple impression. Une voix féminine et familière vint rompre le silence et le jeune homme roula des yeux en relevant la tête vers elle. Il aurait préféré prendre les escaliers mais non, le sort en avait décidé autrement. Tout mais pas elle, c'était tout ce qu'il avait demandé et voilà comment on lui répondait. - Tu peux te sentir rassurée, ça n'arriva jamais. J'aurais trop peur de pas terminer correctement ce que j'ai commencé, lâcha-t-il sèchement et d'un ton ironique, tout en regardant droit devant lui. Elle ne méritait même pas son regard, à vrai dire. Lip n'était pas de nature méchante, mais il était très rancunier et ne se laissait jamais faire une fois attaqué. Et attaqué, il l'avait été par Cece qui l'avait enfoncé plus bas que terre quand il avait eu besoin d'elle. Il bouillonnait intérieurement, mais n'en montrait rien. Il n'allait tout de même pas lui faire ce plaisir, mais malgré la situation plus que glaçante, la jeune femme s'obstinait à lui adresser la parole. Elle ne manquait pas de culot et jouait avec le feu, ce qui énervait davantage Lip. En guise de réponse, il se contenta d'appuyer sur le 0 qui le mènerait au rez-de-chaussée, loin de cette vile tentatrice qui avait piétiné son cœur. Il lui en voulait terriblement, mais une petite voix dans sa tête ne cessait de lui répéter à quel point elle était magnifique et attirante dans sa petite blouse blanche. Il s'en voulait d'être un homme aussi faible, mais Cece était son vice le plus addictif, passant même avant son café du matin ou sa clope post-op.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   Mar 24 Nov - 17:04

Quand elle y réfléchit, elle ne sait même pas pourquoi elle lui parle. Pourquoi elle cherche à capter son regard, ou un simple geste. Après tout, Cece, elle ne compte pas s'excuser. Pas maintenant alors qu'il est indifférent. Son avis n'a pas changé, mais elle a besoin de retrouver Lip. Sauf qu'elle a la désagréable impression de marcher sur des œufs avec lui. De faire tout mal, tout de travers. Pourtant, la passion dévorante qu'elle éprouvait pour lui est toujours présente, toujours forte, brûlante. Difficile de prétendre ne plus être attirée par lui quand son corps le désire encore, quand son cœur bondit comme un fou juste à son nom, quand elle cherche toujours sa présence malgré tout ce qui les oppose désormais. « Tu peux te sentir rassurée, ça n'arriva jamais. J'aurais trop peur de pas terminer correctement ce que j'ai commencé, » Il a le ton mauvais et ironique, la voix sévère, le regard fixé sur les portes. Cece lui décroche un regard désolé mais il refuse toujours de poser ses yeux dans sa direction. Comme si, soudainement, elle n'était plus digne de lui. Il la réduit à pas grand chose et Cece voudrait protester pour lui dire qu'elle mérite un peu plus. Sauf qu'elle a perdu ce droit. Comme elle a perdu le droit de venir le toucher, de lui parler simplement ou de s'assurer qu'il est présent, qu'il la voit toujours. Elle est blessée par sa remarque tout en ayant conscience de l'avoir mérité. Dans un autre contexte, elle aurait pu rire. Dans un autre contexte, elle se serait amusée de la situation pour lui prouver qu'il se trompe. Mais pas là. Pas maintenant. Pas lorsque son attaque sous-entend trop de choses. « Ah. Parce que tes erreurs en chirurgie se répercutent sur tes prouesses sexuelles maintenant ? » Un doigt posé sur le menton, elle fait mine de réfléchir. Après tout, il mélange un peu les deux sujets dans le seul but de l'attaquer. Et elle n'apprécie pas. Elle s'étonne de lui répondre sur le même ton alors qu'une nouvelle dispute, une nouvelle confrontation avec Lip, elle voudrait éviter ça. Et son cœur qui déraille, face à son indifférence, lui fait mal. Elle sait que c'est débile, elle sait que c'est mal mais au moins il lui parle encore, elle existe toujours un peu même si il la déteste. Sauf là, il se contente d'appuyer sur le premier bouton et l'ignore à nouveau. Elle soupire, replace pour la septième et huitième fois son badge, en cherchant une autre façon de le faire réagir. « Tu vas bouder longtemps comme ça ? » Elle croise les bras pour entretenir toujours une certaine distance entre eux. Une distance qu'ils n'ont jamais connu avant toute cette histoire. Elle le fait passer pour un gamin capricieux et elle déteste ça. Il n'est pas capricieux, peut-être déterminé mais c'est tout. Et la raison de sa rancune, Cece sait qu'elle ne peut que s'en vouloir. Elle la mérite. Il a toujours été parfait avec elle, il est celui vers lequel elle reviendrait toujours pour se jeter dans ses bras. Mais aujourd'hui, elle n'a plus rien. Ni ses faveurs, ni son attention. C'est à peine si il la remarque. Son doigt s'écrase sur le bouton d'arrêt de l'ascenseur. C'est mal. « Regarde-moi Lip. » Sa voix se fait plus douce, naturelle. Elle fait un pas sur le côté pour se retrouver devant lui. Toujours avec un certain écart. Un fossé monstrueux. « Tu veux quoi ? Que je m'excuse ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   Mer 25 Nov - 0:10

Il lui adressa un sourire ironique qui disparu aussi vite qu'il était apparu. Il n'aimait pas du tout être aussi mauvais, mais elle l'avait bien cherché. Elle méritait ses foudres. Elle méritait de souffrir tout comme il avait souffert quand elle l'avait laissé au plus bas. C'était une réaction immature, mais terriblement humaine qu'il ne pouvait contrôler. - J'crois pas t'avoir déjà entendu te plaindre de ce côté là, dit-il avant de reprendre : - Ca devrait peut-être te faire réfléchir concernant cette histoire. Je termine toujours aussi bien que j'ai commencé. Finit-il par lui dire sans pour autant la regarder. Il ne voulait pas, car il savait qu'en croisant son regard, il fonderait certainement sur place. Cece savait l'amadouer, mais il devait demeurer stoïque face à l'ennemi. C'était crucial, une question de fierté parmi tant d'autre, aussi séduit soit-il. Bouder. En un rien de temps, elle venait de le réduire à un pauvre gamin capricieux dont la colère n'était pas légitime. Il bouillonnait davantage à l’intérieur, faisant tout son possible pour ne pas l'envoyer balader violemment une fois pour toute. Elle était insupportable et au lieu de répondre, il contenta de demeurer silencieux. Cela la rendait folle et il adorait cela, pour une fois qu'il avait un peu de pouvoir dans cette affaire. Néanmoins, elle était bien déterminée à ne pas en rester là. En effet, elle décida de stopper l'ascenseur pour continuer cette conversation, ou plutôt, l'entamer. Il soupira lourdement, déjà bien trop agacé par la situation et la voir en face de lui ne fit qu'empirer les choses. Il le sentait, ce flot d'amertume qui lui brulait les lèvres. Elle l'avait cherché, elle allait l'avoir. Lip fonça sans se soucier des conséquences, aveuglé par son égo et sa déception. - Je m'en fous de tes excuses Cecilia et tu sais pourquoi ? Parce qu'elles ne changeront en rien ton point de vue sur la mort de cette patiente. Tu n'as même pas envisager ne serait-ce qu'une seule seconde qu'il puisse y avoir une autre explication possible. Elle voulait être regardée ? Très bien. Il planta son regard froid et intransigeant dans le sien, les sourcils froncés et la mine fatiguée. Elle lui tapait sur le système, c'était évident. Et pourtant, elle continuait, encore et encore. Cece jouait avec le feu, mais c'était bien loin d'être nouveau. - Et c'est quand même dingue. C'est toi qui agit comme une garce et c'est quand même moi qui devrais me sentir coupable. Tout ne tourne pas autour de toi, princesse. Ouvre un peu les yeux. Tu ne peux pas juste forcer le monde à tourner dans le sens que tu aimerais, ajouta-t-il en fixant à présent les boutons de l'ascenseur. Il crevait d'envie d'appuyer à nouveau sur le bouton rouge pour le refaire partir, mais puisqu'elle avait tant envie que cela de discuter, ils allaient discuter une bonne fois pour toute. Il avait des non-dits sur le cœur et cela était l'occasion de mettre les points sur les I avant de repartir tous deux sur des chemins différents, loin l'un de l'autre car en doutant de lui, elle avait rompu pour de bon ce lien entre eux. - J'ignore pour qui tu te prends Cece, mais tu n'as pas toujours raison. Arrête de supposer que tu sais mieux que les autres sous prétexte que tu as un tant soit peu de reconnaissance dans ton domaine. Je suis bon dans le mien. Et t'étais pas là, lors de l'opération. Alors penses ce que tu veux, mais ne viens pas la bouche en cœur me demander pourquoi je ne t'adresse plus la parole, ça me paraît évident. Une fois lancé, on ne l'arrêtait plus. Alors oui, en crachant son venin de la sorte, il prouvait l'importance qu'elle avait à ses yeux car s'il n'avait pas été blessé, il aurait continué à l'ignorer. Tant pis si elle se sentait importante à ses yeux, au moins, il avait dit ses quatre vérités et n'avait plus rien à se reprocher. - C'est une question de confiance. Mais tu dois pas connaître. Sur ce, je pense qu'on a plus rien à se dire alors si tu pouvais rappuyer sur le bouton, merci.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   Mer 25 Nov - 18:30

Ses paupières se ferment, un soupir s'échappe d'entre ses lèvres, et sa main passe sur son visage déjà las de cette confrontation. La situation lui échappe. Arrêter l'ascenseur était une mauvaise idée et elle hésite à le remettre en route maintenant, déjà convaincue qu'il préfèrera l'ignorer. C'est douloureux pour elle, de prétendre ne pas être touchée par son silence, eux qui avaient l'habitude de se retrouver, de partager une passion dévorante. Il n'y a plus rien. Plus de complicité. C'est juste, glaciale. Moche. Il a raison sur un point, s'excuser ne changera pas son opinion. Peut-être, elle pourrait s'excuser pour sa propre conscience, pour son cœur meurtri et lui montrer que lui faire du mal n'a jamais été son but premier. Mais il semble borné, aveuglé par la colère et la rancœur. « Et c'est quand même dingue. C'est toi qui agit comme une garce et c'est quand même moi qui devrais me sentir coupable. Tout ne tourne pas autour de toi, princesse. Ouvre un peu les yeux. Tu ne peux pas juste forcer le monde à tourner dans le sens que tu aimerais, » Ses prunelles se glacent alors, voyant là une façon trop basse de rétablir l'équilibre – c'est-à-dire, lui qui gagne, elle qui le perd lamentablement. Encore. Ça fait deux fois. Et elle n'a plus la force de le supplier, pour qu'il la regarde. Incapable de se réjouir parce qu'il a sûrement mal quand il la voit. Cece ne sait pas, elle s'en fout, blessée de la manière dont il la considère. Une garce, une étiquette qu'on ne lui avait jamais donné. Ça lui détruit encore un peu plus le cœur. Parce que, en croyant que Phillip a fini de déverser toute sa haine sur ses frêles épaules, il en rajoute. Pour lui prouver qu'elle ne peut plus rien attendre de lui, rien espérer d'eux. « Mon monde tourne très bien tout seul. Tu l'aurais remarqué si tu arrêtais de pleurnicher. » Leur jeu est puéril. Ils sont comme deux gamins. « C'est une question de confiance. Mais tu dois pas connaître. Sur ce, je pense qu'on a plus rien à se dire alors si tu pouvais rappuyer sur le bouton, merci. » Monroe l'énerve à la traiter comme une fille sans cœur. Il y a toujours ce flot de sentiments qu'il avait réussi à faire naitre chez elle. Ça ne pourrait pas disparaître. Mais Cece ne se sent plus désirée par Lip. Ni désirée, ni désirable. Ses reproches glissent sur sa peau, pour se finir dans une danse lente et monstrueuse sur son cœur douloureux, blessé par celui qui la rendait plus belle. « Tu m'énerves. » Il doit l'avoir remarqué. « T'es incapable d'admettre que tu puisses avoir fait une erreur alors. Super Monroe est trop doué. » Cece tape dans ses mains. Elle se moque ouvertement, employant un ton sarcastique qu'on ne lui a jamais connu. C'est son cœur blessé qui répond, peu importe qu'elle le pense réellement ou non. Elle n'a jamais dit connaître la vérité, mais faire une erreur, c'est humain. Et ses mains s'enfoncent dans les poches de sa blouse, déçue par ses propos. « Et tu me vois comme une garce uniquement parce que je ne me suis pas rangée de ton côté ? Fais-toi plaisir. T'es quoi toi alors ? Un connard ? Non, bien sûr, t'es toujours parfait. » Elle appuie sur chacun de ses mots, guidée par une colère silencieuse qui gronde et excédée par l'image qu'il se fait d'elle désormais. Elle le dévisage toujours, observe ses traits mauvais qui étaient toujours peint par la douceur. Avant. Elle revient s'adosser contre l'une des parois, lui laissant la place libre pour s'en aller. « Tu peux partir. T'es doué pour ça aussi. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   Sam 28 Nov - 0:16

La situation était pitoyable et leur échappait complètement. Il était très facile de se faire des reproches, un peu moins d'avouer ses tords. Mais Lip était borné et rancunier et il n'était pas prêt à lâcher le morceau. Il était convaincu d'avoir raison et il comptait camper sur ses positions quoi qu'il advienne. Elle n'allait pas l'avoir à l'usure, pas cette fois. Pas même pour ses beaux yeux qui le fixaient dans l'espoir... d'une connexion ? Il résistait, corps et âme, à cette éventualité. Il n'était qu'un Homme après tout, un pauvre mortel à la merci de ses instincts primaires. Et quand il était avec Cece, ces derniers semblaient refaire surface, revenant au galop. Et cette colère grandissant en lui n'aidait en rien. Une passion, quelque soit, reste de la passion. La tension était grisante entre eux, presque addictive. Il serra légèrement la mâchoire, pensant à des choses moches et tristes pour ce sortir de cette impasse bestiale. Il reprit lentement son souffle, la laissant s'emporter au gré de ses émotions. - Fallait pas arrêter l'ascenseur si tu voulais pas m'entendre, lui répondit-il en roulant des yeux. C'est vrai, après tout, il n'avait rien demandé lui. Il s'était contenté de demeurer silencieux et elle ne pouvait pas se plaindre de l'entendre s'expliquer à présent. Un long râle parcourut sa gorge. Il n'en pouvait tout simplement plus de ce dialogue de sourds qui ne menait nul part, si ce n'est à une horrible migraine dont il allait se souvenir. - Cecilia, arrête. C'est pas de ça dont il est question. Tu n'as pas attendu d'avoir mon avis sur la question avant de te faire ton avis. Tu m'as accusé d'emblée, sans rien connaître du dossier. Tu m'as juste pointé du doigt et ça me tue, parce que je pensais qu'on... Il s'arrêta un instant, réfléchissant un peu à ce qu'il allait dire. Il se ravisa, plantant son regard dans le sien, non oublie ça. C'est pas grave, on arrête les frais. Tu as ton avis sur la question, j'ai le mien et ça changera pas. Il n'avait plus de temps pour des disputes aussi futile. Qu'elle soit en sa faveur ou non, cela ne changeait rien à ses problèmes. Il était privé de son droit d'opérer, de sa passion la plus précieuse. A côté de cela, tout lui paraissait fade et insignifiant, comme dénaturé. - Ah, tu me rends dingue. J'ai jamais prétendu être parfait ! N'échange pas les rôles, lui dit-il, convaincu que des deux, c'était elle qui se vantait le plus de frôler la perfection. Pas clairement dit de la sorte, mais elle lui faisait bien comprendre que malgré leurs deux années de différence, elle lui était supérieure à bien des égards et mine de rien, il en avait sa claque de ses airs de petite pimbêche je-sais-tout. Il n'était pas parfait, loin de là, mais il assumait ses mauvais tranchants aussi bien que les bons. Et c'est en acceptant ses faiblesses qu'il était capable de clamer haut et fort quand il était en tord ou non. Et concernant cette opération, il pouvait jurer sur sa vie qu'il avait tout fait correctement ou tout du moins, selon la procédure. Si elle voulait jouer sur la provocation, il n'était pas prêt à se joindre à elle. Il était à bout de souffle dans cette histoire, las de se battre contre le fantôme d'une relation qui n'avait abouti à rien, sauf peut-être à des souffrances inutiles. Il appuya sur le bouton d'urgence de l'ascenseur comme on appuie sur la gâchette d'un pistolet. Ce fut brutal, mais rapide. Et l'ascenseur reprit sa route, les entrainant tous deux au travers des étages de l’hôpital, dans un silence insupportable qui sembla durer des heures. Il n'en pouvait plus. Il ne voulait même pas attendre d'arriver à destination, il préféra descendre avant elle pour prendre les escaliers. - Et t'as faux sur toute la ligne. Je sais reconnaître mes erreurs. Et ça là, dit-il en la montrant elle puis, lui formant un tout, ce fut une grosse erreur, balança-t-il comme une bombe avant de sortir de cette prison glaciale des non-dits et des reproches. Il fit quelques pas, puis s'arrêta aussitôt. Une seule pensée lui traversa l'esprit, et tout s'écroula. Il s'en voulait déjà de ce qu'il s'apprêtait à faire, mais balaya sa conscience d'un battement de cils. Le temps des regrets serait pour plus tard. Alors que les portes se refermèrent, il glissa ses mains entre elles pour les en empêcher. Il les rouvrit et se précipita à nouveau dans l'ascenseur, bloquant franchement Cece contre le mur, sans pour autant lui faire mal. Il plaqua ses mains au dessus de sa tête, croisant son regard où il se noya durant de longues et intenses secondes avant de l'embrasser avec fougue, à en perdre haleine.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   Dim 29 Nov - 0:15

Cette histoire les dépasse. A tel point qu'ils ne peuvent plus se tenir dans la même pièce sans crier l'un sur l'autre. Face à cette nouvelle animosité, ils auraient pu choisir de faire leur vie chacun de leur côté, s'ignorer, s'éviter, se blâmer en silence. Une petite voix lui ordonne de se taire pour s'éloigner de Phillip avant de franchir une certaine limite. Avant de définitivement tout gâcher. Seulement, Cece ne fait rien. Incapable de sortir les quelques mots qui pourrait sauver la situation. Incapable de bouger. C'est comme si sa fierté l'empêchait d'avancer, de dire qu'elle est désolée de ne pas avoir demandé d'explications, désolée de ne pas avouer qu'elle veut plus que des retrouvailles dans des placards. Phillip, il sait faire mais pas Cecilia. Elle se ressaisit, secoue doucement la tête pour chasser les paroles du titulaire qui lui fait encore des reproches. Elle peut quasiment sentir sa colère se mélanger étroitement au désir qu'elle éprouve toujours pour Lip. Leur relation s'effondre et personne ne tente de la sauver. C'est fini. Leurs regards s'entrechoquent. Cece attend. Elle attend quelque chose qui ne peut pas venir maintenant que tout est gâché. Elle voudrait savoir à quoi il pense mais elle se sent tellement stupide, tellement minable d'espérer une chose qu'elle s'empressera de contredire. Elle a beau avoir gâché un avenir avec Lip, elle veut encore le voir la désirer. Elle a besoin de lui, de sa présence, de ses mains sur sa peau. Il est sa faiblesse. Comme une épine dans le pied. Sauf qu'il veut oublier. Oublier, ça semble si simple, si facile, si paisible. Mais Cece, elle ne sait pas comment faire. Personne ne lui a donné le mode d'emploi. Et puis, elle en a marre de l'entendre la comparer à un stéréotype de reine du lycée qui se croit la plus parfaite. L'ascenseur redémarre, l'obligeant à détourner le regard pour ne pas avoir à le regarder s'en aller. « Et t'as faux sur toute la ligne. Je sais reconnaître mes erreurs. Et ça là, ce fut une grosse erreur, » Il met comme un point final aux espoirs qu'ils pouvaient avoir de leur relation. Il met un terme à leur chance de se retrouver. Et Cece, elle a soudainement envie de pleurer. Comme une gamine dont son cœur vient de se faire briser par le garçon qui lui plait. Elle se pince les lèvres, fixe les portes qui se referment avec un sentiment d'écœurement et de lassitude. Elle se sent vide, brisée et triste, consciente d'être en partie responsable de cet échec. Avant même qu'elle n'ait le temps de se laisser tomber sur le sol, les portes se rouvrent. C'est soudain, imprévisible. Tout va trop vite. Le regard posé dans celui de Lip, elle n'a pas le temps de comprendre son geste ou de protester que son corps heurte doucement le mur. Leurs lèvres se rejoignent dans un baiser pressant, fiévreux, tellement qu'elle en a presque mal. Mal d'avouer que Phillip lui manque. Mal de reconnaitre qu'elle a besoin de sa présence. Son corps est irrémédiablement attiré par le sien, elle cherche à réduire l'écart qui les sépare et prolonge le baiser avec une passion dévorante. Elle l'embrasse. Encore. Et encore. Jusqu'à en perdre son souffle. Jusqu'à ce que l'une de ses mains se retire pour venir se poser sur son torse. Elle tente de le repousser et soupire contre ses lèvres. « Arrête. » Ses pensées sont incohérentes, encore plongées dans le baiser qu'il vient de lui offrir. Cece en veut encore. Et son corps reste collé contre le sien. « J'ai plus envie de toi, Lip. » Menteuse, elle laisse les mots s'échapper d'entre ses lèvres sans les penser, juste pour qu'il ait mal, autant qu'il lui a fait mal en balayant leur histoire comme une erreur. Son cœur tambourine, terrassé par les regrets. Derrière, les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur le hall de l'hôpital. Ça grouille de vie. Son regard marron s'abandonne dans le sien. « Tu devrais être rassuré, on est enfin d'accord. Toi et moi, c'est une erreur. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   Mar 1 Déc - 23:07

Lip, il était du genre à foncer tête la première en se moquant bien des conséquences. Il défiait toujours les lois de la raison et de la logique, envoyant tout valser dans le seul but de pas avoir de regrets. Il préférait avoir des remords, car c'était la preuve d'une tentative, même désastreuse. Alors, c'est sans réfléchir qui s’engouffra à nouveau dans cet ascenseur. C'est guidé par un instinct primaire qu'il se jeta sur Cece pour l'embrasser de la sorte, ranimant ce feu qu'il avait cru éteint. Mais il ne l'était pas. Il s'embrasait de plus belle chaque fois qu'elle répondait à son baiser. Elle lui demanda d'arrêter, mais son corps disait tout autre chose. Il pouvait le sentir à la façon dont elle avait du mal à rompre le baiser. Et à la lenteur qu'elle avait de retirer ses mains de son corps. Elle voulait lui faire mal, lui rentrer dedans comme il avait pu faire un peu plus tôt. Et il le comprenait. Des remords, il en avait – à s'en mordre les doigts. Mais cela en avait valu la peine. Il pouvait désormais affirmer avec certitude que cette relation ne mènerait plus nul part. Elle voulait jouer ? Il n'était plus de la partie. Il préférait se retirer avant de tout perdre et c'est à cela que l'on reconnaît un bon joueur. - On en reste là alors, lui dit-il sans amertume. Sa voix était désormais calme et sereine. Ainsi va la vie, pensa-t-il alors que le bruit annonçant l'arrivée de l'ascenseur retentit. Il la regarda dans les yeux quelques instants, peut-être quelques secondes à peine. Il avait cet air qui voulait tout dire et qui ne méritait pas de mots. Il lui disait adieu. Il était temps de passer à autre chose et de s'avouer vaincu. Cette relation était malsaine et ne menait à rien, si ce n'est des souffrances inutiles. Il déposa malgré tout un baiser sur son front, comme pour lui dire merci. Merci d'avoir été présente dans sa vie malgré le mal. Merci de lui avoir permis de grandir un peu. Oui, ils avaient sans doute été mauvais l'un pour l'autre, mais il allait tenter d'en garder seulement le positif en oubliant cette conversation dans l'ascenseur, par exemple. Elle n'avait été qu'une joute verbale à qui blesserait l'autre le plus et le théâtre de la bataille de leurs égos. Et il était grand temps pour lui de tirer sa révérence. Les gens du rez-de-chaussée ne tardèrent pas à monter dans l'ascenseur et Lip disparut parmi la foule, laissant Cecilia derrière lui. Ils étaient comme le feu et la glace, impossible à conjuguer ensemble au risque de se nuire. Et s'il n'avait pas envie d'en ressortir avec des séquelles, il ne tenait pas non plus à blesser la jeune femme pour qui il avait malgré tout du respect, même s'il peinait à le montrer parfois. Il se fraya un chemin jusqu'à sa voiture garée sur le parking, le cœur lourd, mais à la fois... soulagé.

(FIN)
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: take a look what you've done. (lip)   

Revenir en haut Aller en bas
 
take a look what you've done. (lip)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: - CUT THE SKIN - :: Damage Case :: ANCIENS TOPICS-
Sauter vers: