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 tard le soir (pv Robert)

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MessageSujet: tard le soir (pv Robert)   Sam 21 Nov - 19:26

Se faire couler un café, se servir une tasse, attendre qu'elle refroidisse, faire autre chose, être dans ses pensées se servir à nouveau une nouvelle tasse. Voilà à quoi peu ressembler les matins de Nikolaj. Quand on le regarde, quand on le croise dans les rues on se demande d'où il peut bien venir, pourquoi son visage est neutre pourquoi ses yeux semble vide, pourquoi il ne sourit jamais? Beaucoup de questionnement souvent sans réponses. Nikolaj n'est pas connut pour son coté enjoué et parleur. Cependant cela ne le rend pas pour autant comme un monstre. Non bien au contraire. Il est à l'écoute et très observateur des personnes qui l'entoure du monde tout autour de lui. Il n'est pas facile de lui cacher quelques choses. Accompagné de son chien. Un labrador de couleur sable. Son chien est beaucoup plus qu'un chien, oui ce chien est sa vision, ses yeux. Sans lui il ne serait plus rien. Déjà qu'il n'est plus grand chose. Cela fait deux jours qu'il est arrivé à San Francisco avec pour seul bagage un sac en toile avec quelques vêtements et une photo. Où va t'il? Il ne le sait pas lui même. San Francisco représente un nouveau départ mais quand on ne connait personne, c'est compliqué. La veille il avait laissé son chien le guider dans un bar. Le Blackbird. Ce lieu avait quelques choses, mais quoi? Peut être cet homme qui chante? Oui peut être cela. Sa voix avait quelques choses de différente, elle vibrait. Il est tard quand Nikolaj poussa la porte du bar il entendit à nouveau cette voix qu'il avait entendue la veille. Dans le bar il ne semblait pas y avoir beaucoup de monde. Nikolaj alla s'asseoir après avoir commander un grand café. Une fois assit il intima tout doucement à son chien

"Tout doucement, couché."


Il sentit le labrador se coucher tout contre lui. Combien de temps il resta là? Plusieurs heures apparemment. L'homme avait arrêté de chanter depuis un moment. Soudain un bruit de coup de tonnerre fit sursauter Nikolaj violemment. Par instinct il se boucha les oreille et se tasse sur sa chaise. Il pouvait sentir dans son thorax son cœur s'emballer. L'orage se n'est que l'orage ici à San Francisco il n'y a pas la guerre. Il grogna quelques mots entre ses dents en Croate. La guerre avait laissé des traumatismes qui encore maintenant sont bien visible. Il sentit son chien bouger à ses pieds. Nikolaj pouvait sentir qu'on l'observait. Il prononça à mit voix

"Se n'est rien. Tout va bien."
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MessageSujet: Re: tard le soir (pv Robert)   Lun 23 Nov - 10:01

Ce patient, c’est le dernier me dis-je comme pour me convaincre moi-même qu’une fois que j’en aurais fini avec ces échardes plantées dans son bras, j’en aurais fini pour ma journée. Je devrais pourtant le savoir, après autant d’année, le dernier patient n’est jamais celui que l’on croit. Et ce dernier, dans quel état s’était-il mis ? Une planche en bois avait volé en éclats pour x ou y raison que je n’avais pas retenue et voilà maintenant plus d’une heure que j’étais penché sur lui, pince à épiler à la main pour le débarrasser de cette crasse sous ses gémissements incessants. Quel douillet. « Bien, voilà, le gros du travail est terminé. » m’exprimais-je tout en reposant la pince sur le plateau, au milieu des échardes. « Le docteur Simmons va prendre la relève. » continuais-je et l’interne sembla prendre vie, se redressant en entendant son nom. Non mais franchement, ils pourraient être au moins plus discrets et ne pas sourire au nez des patients, heureux que leur cas leur serve. Je prends l’interne à part quelques secondes lui indiquant la marche à suivre. Il fallait encore nettoyer et stériliser les petites incisions tout en vérifiant qu’il n’y ait pas de micro-crasses –comme je les appelle– incrustées dedans, le tout avant de recouvrir ce bras d’un bandage, sans oublier de remplir la paperasse lui permettant de rentrer chez lui. Paperasse qui devait être approuvée par un supérieur autre que moi, puisque je ne serai plus là. L’interne semble avoir compris, et encore heureux, s’ils se perdent avec des tâches aussi simple, c’est tout bonnement foutu pour eux. Je me dirige vers le bureau à l’accueil des urgences pour clôturer ma journée dans la centrale, plus que quelques clics et je vais pouvoir reposer ma blouse. C’était bien entendu sans compter sur l’entrée fracassante de trois jeunes en ambulance. On n’est jamais tranquilles ! Je pris en main l’organisation et la prise en charge des soins en déléguant les responsabilités, je n’avais aucune envie d’allonger ma journée de trois heures de plus aujourd’hui. Ross Dewitt, un résident que j’avais bippé une minute plus tôt prit la relève, me permettant de laisser toute cette histoire derrière moi. Ne vous méprenez pas, j’adore mon boulot et je ne remballe jamais un patient, je ne compte pas mes heures supplémentaires et suis rarement contre celles-ci, mais après quarante-huit heures de garde, et avec le temps, croyez-moi, vous finissez par arriver à dire « non ».

La soirée tombait à peine sur la ville et je n’avais pas vraiment envie de rentrer chez moi sans passer par l’étape `décompression´, une étape qui s’était toujours faite et se faisait toujours au Blackbird. Je commençai la soirée par un gin tonique avant de me laisser tenter d’aller rejoindre la scène. J’interprétai à ma manière une dizaine de chansons avant d’aller me rassoir au bar, me rafraichissant de quelques bières. Le tonnerre gronda sans prévenir dehors et me surprit. Ma première pensée alla pour l’hôpital, me disant que la nuit ne faisait que commencer pour les personnes de garde. Dès qu’il pleut, il y a un flot de personnes arrivant, la plupart à cause d’accidents de voiture. C’était sans remarquer la réaction d’un homme assis à quelques tabourets de moi. Le genre de réaction que je ne connaissais que trop bien puisque j’en avais moi-même fait les frais. « Vous avez l’air de quelqu’un qui a besoin d’un verre … » dis-je en me rapprochant de lui, prenant place sur le tabouret voisin. Dans la foulée, je commandai deux bières au barman. Au pire, s’il n’en voulait pas, je m’en chargerai personnellement. Je remarquai la présence d’un chien à ses pieds, et de par sa race et son harnais spécifique, je n’eus pas besoin de me poser plus de questions. Cet homme était aveugle, mais ça ne changeait rien à la situation pour moi. « C’est jamais facile au début, et encore, les orages, ce n’est qu’une mince affaire, il y a aussi les alarmes des voitures, les claquements de porte, ou même le silence … » poursuivis-je. Inutile de dire que je parlais des effets secondaires lorsque nous avions connu la guerre, lui et moi en étions silencieusement conscients. Je ne pouvais rien faire pour l’aider, si ce n’était de lui dire que ça s’atténuait avec le temps, sans pour autant disparaître. « Je m’appelle Robert. Vous venez d’où ? » me présentais-je enfin, tout en posant l’une des bières devant lui.
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MessageSujet: Re: tard le soir (pv Robert)   Lun 23 Nov - 13:08

Besoins d'un verre même peut d'être deux ou trois, cela ne pourrait pas vraiment faire de mal à Nikolaj. Un homme venait de parler, Nikolaj l'écouta tout en reprenant son souffle. Il parlait comme une personne ayant connut la guerre, ayant vu la mort dans son plus simple appareil qui est la guerre, la destruction. La mort qui touche sans aucunes distinction, vous savez on ne se remet jamais de la guerre, ceux qui en reviennent sont différents, comme brisé de l'intérieur. La guerre est un sujet que Nikolaj connait que trop bien. La guerre lui à prit tellement de choses. La guerre l'a profondément changé et pourtant il était là aujourd'hui à San Francisco accoudé à ce bar. Nikolaj prit enfin la parole pour dire

"Effectivement j'aurais bien besoins d'un verre et peut être même deux."

Les paroles de son interlocuteur étaient vraiment pleines de sens et de vérité. Bien qu'il ne le connaissait pas Nikolaj pouvait y lire de la souffrance, lui aussi avait du connaitre des moments très difficiles. En parler est parfois très difficile même après des années. Certains parle de post trauma. Est ce que nous pouvons considérer la guerre comme un trauma? C'est une très grande question.

"Même avec le temps ça laisse des marques. On a beau savoir que c'est derrière nous c'est là, ça nous hante à jamais."

Robert, il venait de se présenter Nikolaj se sentait bien en sa présence. Lui qui n'avait pas pour habitude de parler de lui de son passé il se surprit lui même à rajouter

"Enchanté Robert, moi c'est Nikolaj, je viens de Croatie. J'étais Pneumologue, la guerre a fait de moi également un chirurgien de trauma souvent thoracique par la suite, pendant des années et des années, travailler dans de telle condition c'est comme si on est aveugle. Faire de la chirurgie à l'aveugle parfois obligé de faire avec rien et pourtant on fait mais ça laisse des marques pour toujours. Vous avez dut vous aussi connaitre des moments difficile."
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MessageSujet: Re: tard le soir (pv Robert)   Mer 25 Nov - 10:05

C’est le genre de comportement que l’on remarque des kilomètres à la ronde. Enfin, peut-être que je le remarque plus parce que j’en ai moi-même fait les frais dans le passé ? Quoi qu’il en soit, j’espérais surtout ne pas le froisser avec mes remarques. Elles étaient plutôt une mise en bouche, une excuse pour venir lui parler. Loin de moi le but non)plus de le forcer à l’amener sur ce sujet. Je sais simplement qu’il est parfois plus facile de s’ouvrir à un inconnu qu’à sa psychologue par exemple. Alors s’il voulait parler de cela, j’étais prêt et s’il voulait parler d’autre chose, je me montrerais bon compagnon de soirée. Quand j’y repense, il y a dix-sept ans, j’ai mis du temps à m’en remettre, ou plutôt à l’accepter. À vrai dire, ces sifflements de balles et ces explosions deviennent une habitude dans nos oreilles, un quotidien que l’on accepte et dont au final, on ne fait plus attention. Un peu comme quelqu’un qui habite près d’une gare et qui finit par ne plus entendre ou prêter attention aux passages des trains. Et bien c’est un peu pareil. Aussi atroce cela puisse-t-il paraître, ces bruits d’horreurs font partie de nous et le calme et le silence dans lequel nous revenons est déconcertant. C’est pour ça qu’au final, ces bruits nous saisissent, apportant avec eux leurs flots de souvenirs désagréables, ces choses qu’on ne pensait même pas ancrées dans nos mémoires, et pourtant. « Effectivement j'aurais bien besoins d'un verre et peut-être même deux. » m’avoue-t-il, de quoi me coller automatiquement un sourire jusqu’aux oreilles. Je ne servirai pas complètement à rien ce soir. Je lui passe sa bière et trinque avec lui dans un geste maladroit. J’avoue que je ne sais pas comment agir avec une personne mal voyante, mais je ne suis pas là pour me poser ces questions. « Même avec le temps ça laisse des marques. On a beau savoir que c'est derrière nous c'est là, ça nous hante à jamais. » poursuit-il. Nous aurions dû trinquer à cela tiens ! À ces démons dont on ne se débarrassera jamais. J’aime penser parfois que ma propre expérience est loin derrière moi et malheureusement, et par intermittence, il y a sans cesse des petites choses qui me refont penser à cette période de ma vie. C’est comme ça. On ne s’en détache pas comme ça. Ça nous colle à la peau et à l’esprit, qu’on le veuille ou non. Je l’écoute ensuite se livre un peu plus, tout en portant le bouleau de la bouteille à mes lèvres. Il me parle de la Croatie, de la guerre, du métier qu’il exerçait, des difficultés éprouvées. Je ne peux que comprendre ce qu’il me dit. « Ouais, j’ai connu ça moi aussi, enfin, à la différence de toi, c’est que moi, je l’ai voulu. » Pas du tout maso le gars. « Je me suis engagé au sein des forces armées quand j’avais dix-huit ans, c’est là que j’ai reçu ma formation de médecin et de chirurgien, mais le plus de choses que j’ai appris, c’était sur le terrain, dans l’urgence, avec peu de moyens, à l’aveugle, comme tu dis … » J’aurais voulu ajouter que c’était la belle époque, parce que les conditions de ce métier me manquent, que j’adorais être mis sous pression et que je me sentais bien plus utile là-bas, mais ça aurait été complètement déplacé si on regarde de l’extérieur toute l’horreur qui y a véhiculée. « T’es en ville depuis longtemps ? » poursuivis-je pour faire la conversation. Nous n’allions tout de même pas parler guerre jusqu’à la fin de la soirée, au risque de finir saoul et déprimés. Personnellement, je préfère être juste saoul.
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