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 a sleepy good morning (ft. dante)

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MessageSujet: a sleepy good morning (ft. dante)   Sam 21 Nov - 1:17

a sleepy good morning.

Doucement, sa conscience s’éveille. Son corps, lui, n’émet aucun mouvement, encore blessé par l’effroi d’une rencontre fortuite. Ses pensées s’entremêlent et laissent planer une anxiété justifiée. Il n’a pas encore de nom, d’âge, il n’a ni famille ni proche. Il ne ressent plus rien, vidé de toute émotion et de tout souvenir. Sa conscience lui murmure de se réveiller, d’ouvrir les yeux mais l’exercice est bien trop compliqué. Se réveiller lui est impossible. Il est bien là au fond, ici il se sent en sécurité. Bien qu’il ignore de quoi avoir peur, la sensation de sécurité est apaisante. La nervosité commence à s’apaiser. Au moins ici il ne risque rien, c’est ce que lui ont certifié les voix. Elles hantent ces pensées depuis quelques temps. Elles lui disent de tenir bon, de revenir à elles, elles font des promesses dénuées de tout sens mais il veut y croire parce qu’elles ont l’air gentilles. Il aime les entendre compter l’histoire d’un petit garçon farceur qui s’amusait à les faire tourner en bourrique. Puis l’histoire connaît une suite tragique. Le petit garçon leur est arraché et elles n’y peuvent rien. Elles ne peuvent rien faire d’autre que d’espérer et le supplier de leur revenir, d’ouvrir les yeux et de combler le terrible poids de l’absence. Il n’aime pas cette partie de l’histoire, trop tragique pour lui. Lui a besoin d’éclats de rires, de souvenirs joviaux. Au diable le reste. De temps à autre, il a la surprise de découvrir de nouvelles voix. Toutes aussi pressentes que les précédentes. D’autres fois, il sent son corps faiblir et il distingue quelques voix s’agiter autour de lui. Il ne comprend pas ce qu’elles disent mais le message passe, il doit tenir bon. Il doit tenir pour elles, pour lui.

Et finalement il ouvre les yeux pour les refermer aussitôt. La lumière du jour agressive au possible. Un instant passe puis deux. Il fait une nouvelle tentative cette fois-ci réussie. Les yeux vitreux il distingue péniblement ce qu’il croit être une chambre. Sa conscience lui hurle un flot d’informations qu’il n’arrive pas encore à mettre dans l’ordre. Isaiah, c’est son nom, arrive t-il à arracher de la masse. Il a vingt-deux ans et il est le petit dernier d’une très large fratrie. Le principal est là. Doucement, son corps s’éveille. Une douleur, moins lancinante que dans ses derniers souvenirs, vient enlaidir son joli minois. Puis il ressent brusquement une gêne dans la gorge. Sa main vient tapoter l’objet du délit tandis qu’une impression d’étouffer le gagne. Il s’agite et essaye vainement de retirer le long tube venu lui couper la respiration. Au loin, il entend une voix paniquée mais n’en distingue une nouvelle fois aucun sens. « Isaiah non, n’y touchez pas. Il vous aide à respirer. Calmez-vous. Docteur Jagger ! » La voix s’éloigne et les abandonne. Lui et son triste sort. Une nouvelle voix ne tarde pas à son apparition, plus autoritaire que la dernière. Il sent des paires de mains s’affairer sur ses mains et sur ses doigts. Ils veulent le faire lâcher mais il étouffe bon sang ! Il regrette soudainement la sécurité de son inconscience. Au moins là-bas il ne risquait rien, il était en sécurité. Il les aimait bien les anciennes voix tandis que les nouvelles n’ont l'air ni sympathiques ni accueillantes. Non, il ne veut pas d’elles, il ne veut pas leur obéir. Mais les mains ont raison de son peu de force. Il rend les armes et leur laisse la victoire. Une d'elles le somme d’ouvrir les yeux, il s’exécute, beau perdant qu’il est.
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MessageSujet: Re: a sleepy good morning (ft. dante)   Sam 21 Nov - 23:37



A SLEEPY GOOD MORNING
“welcome back”


Il ne sait plus combien de temps cela fait qu'il fixe la silhouette inerte, clouée dans un lit d'hôpital depuis bien trop longtemps selon le professionnel qu'il est. L'impatience de le voir s'éveiller, il ressent cette fatigue d'attendre que les paupières ne s'ouvre que légèrement, que les doigts viennent tâter la couverture blanche alors que l'individu s'éveille doucement. Il attend, et parfois il a l'impression de le voir effectuer de légers mouvements. Simple illusion d'une espérance trop grande, d'une envie de le voir sur ses deux jambes à gambader comme il avait l'habitude de le faire autrefois. C'est devenu une sorte de rituel de passer au moins une fois par jour dans cette salle qui ne lui donne que frissons et tourments. Pourtant, avec les autres patients qu'il se doit d'entretenir et de suivre dans une minutie des plus attentive, il ne se sent jamais aussi désemparé et effrayé par le dessein incertain prévu qui plane au-dessus des crânes. Mais là, c'est un cas. Qu'il n'a jamais envisager, quelque chose qu'il n'a jamais imaginé ou qu'il a toujours enfouie dans son esprit, au plus profond de lui-même en se disant que s'il n'y pensait pas, cela ne pouvait simplement pas se produire. Omettre les possibilités macabres était un moyen pour lui d'oublier le fait que ce petit dernier est parti à l'autre bout du monde, dans une zone de conflit où malheureusement tout peut arriver, à tous, à chacun et surtout à n'importe qui. Même à ceux au cœur grand comme jamais. Il lâche un soupir alors qu'il observe la carrure qu'il ne connaît que trop bien. Dante, on le connaît comme étant l'impassible, l'indifférent et le plus connard des connards qui puissent exister. Les collègues voient en lui l'être ronchon qui ne cesse de se plaindre et de geindre, de lever les yeux vers le plafond en tirant des soupirs qui n'en finissent plus. On s'est souvent demandé si quelque chose battait dans cette poitrine dissimulée sous la blouse blanche, on se demande encore s'il a une existence à côté de celle menée dans l'établissement hospitalier. Un dernier regard vers l'être cher, il prend ses dossiers en main et fait le tour des chambres dont il s'occupe plus ou moins. Des patients avec lesquels il essaie d'afficher ce sourire dont il est avare, étire les lippes alors que c'est quelque chose qu'il ne fait jamais avec ses collègues. Ces derniers restent choqués quand les patients leur racontent. Si, Docteur Jagger sourit souvent, il raconte énormément de choses et nous ramène souvent Crimson. Ils n'en reviennent pas, n'y croient pas et n'y croiront pas tant qu'ils ne le verront pas de leurs propres yeux. Assit sur un tabouret aux côtés d'une femme qui lui conte ses maladresses répétées, c'est son patronyme articulé d'une voix grave qui parvient à ses tympans et qui le fait sauter d'un bond alors qu'il s'excuse dans la foulée à la pauvre femme qui se contente d'acquiescer sans prononcer un seul mot. La situation est expliquée si rapidement, les seuls mots qui parviennent à lui sont Réveillé, Coma et Votre frère. Garde ton calme. Peut-on réellement le garder quand il s'agit d'un des membres de sa propre famille ? Il a déjà dû vivre le décès de son épouse, vivre un second l'aurait mis au plus mal. L'aurait certainement poussé à prendre plus que des vacances, des congés permanents où il aurait pu trouver une nouvelle vocation. Les sourcils sont froncés face au spectacle auquel il fait face, il s'en approche en une poignée de pas et c'est le ton strict qui fait vibrer ses cordes vocales. « Arrête de gigoter ! » Ça sonne comme une directive et ça en est une. Se réveiller avec un tube qui passe le long de la gorge, ce n'est jamais une sensation agréable. Les mots ne suffisent pas et ne semblent même pas atteindre le concerné. Il attrape les mains pour l'empêcher de retirer violemment l'assistance respiratoire même si sa présence n'est que désagréable. Le calme revient, le corps cesse de s'agiter dans tous les sens les plus inimaginables. « Calme toi. Ouvre les yeux. » On lui obéit. Deux prunelles qu'il n'avait pas eu la chance de contempler depuis si longtemps. Une éternité, il lui semble. Il le scrute du regard, en oublie presque ses priorités de médecin. Fréquence respiratoire normale. Lui enlever le tube principal pour qu'il puisse parler. Ou essayer. Parce que ce n'est pas forcément simple, au départ. Alors il le fait, dans de longs soupirs, des expirations qui soulignent en fait le soulagement. « Bon retour parmi les vivants, Isaiah. » Qu'il dit de façon anodine, le sourire qui vient esquisser le bout de ses lippes. « Rassure-moi, tu te souviens de qui tu es ? » Parce qu'on ne sait jamais ce que les traumatismes peuvent causer, que seule la parole peut dénoncer certaines des conséquences.
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MessageSujet: Re: a sleepy good morning (ft. dante)   Dim 22 Nov - 3:21

Isaiah abandonne un combat qu’il sait perdu d’avance. Il ne fait pas le poids, trop faible contre des opposants trop vivaces, trop forts. Lui le têtu, le borné, celui qui refuse de céder n’est plus rien en cet instant. Plus rien qu’un pauvre gamin abimé par les espoirs d’un rêve peut être trop grand pour lui. Il se laisse donc aller et son corps finit par se calmer. Progressivement. Puis cette voix, forte, autoritaire sort de la pénombre. Ses sourcils se froncent mécaniquement, effrayés par la nouvelle menace, prêts à bondir à tout mouvement suspect. On lui demande d’ouvrir les yeux. Non on le somme. Il n’a pas le choix alors il s’exécute. La luminosité l’assaille et il lui faut produire un effort surhumain pour ne pas céder à la tentation de retourner dans la pénombre accueillante de ses paupières. Il sent l’air frais sur ses yeux mais ne distingue rien. Son regard erre, orphelin de toutes conceptions et de toutes formes. Quelques secondes passent avant qu’il ne se fixe enfin sur une tâche d’abord floue puis de plus en plus dessinée. Il met plusieurs autres secondes pour discerner un visage et le double pour en reconnaître son porteur. C’est Dante, son frère. L’un d’eux du moins. Le plus grand, le responsable, celui qui à défaut de porter la misère du monde sur ses épaules fait face à celle de sa famille. Oui il reconnaît ses traits tirés par la fatigue et l’inquiétude. Les mêmes que petit il s’amusait à retracer du bout des doigts en s’imaginant les terribles histoires qui pouvaient en être la cause. Il revoit ce sourire que les années et les épreuves ont réussi à endurcir. Mais surtout, il se surprend à apprécier cette lueur d’espoir dans les yeux de son frère. Une lueur qu’il pensait à jamais perdu. On lui ôte la gêne dans sa gorge et il tousse. On lui souhaite bon retour mais il n’entend pas. Trop occupé à se perdre dans les traits si froids et pourtant si chaleureux du visage de son frère. Il n’a pas besoin de longues tirades pour se sentir de retour à la maison, le sourire de Dante suffit. Enfin, il se sait de retour auprès des siens. Ses souvenirs lui reviennent. Une bombe après l’autre. Il revoit les corps, le sang, il perçoit les cris des mourants en s’imaginant que l’un d’eux pouvait être le sien. Il ne sait plus et ça n’a pas d’importance actuellement. Il aura tout le temps de comprendre plus tard et le loisir de combler ses trop nombreux trous noirs. Un goût de liberté s’empare de lui, lui qui se pensait si perdu. Dante ouvre la bouche et des mots doivent en sortir, certainement. Isaiah se concentre pour en comprendre le sens. L’exercice est compliqué parce qu’il n’a qu’une envie, c’est de laisser Morphée reprendre ses droits. Il veut dormir comme il ne l’a jamais fait avant, bien qu’il se saura tout aussi fatigué à son prochain réveil mais là tout de suite, c’est ce qu’il veut. Dante ne semble pas l’entendre de cette oreille. Il veut qu’Isaiah parle là, tout de suite, maintenant. Il est impatient de l’entendre lui ce frère si épuisé. Isaiah s’exécute parce qu’il sait qu’après il pourra retourner dormir. Il sait qu’à la fin il obtiendra gain de cause alors pour une fois il ne fait pas sa tête de mule. Un enchevêtrement de mots se forme dans sa tête mais il sait sa fatigue trop intense pour arriver à les prononcer. Il se décide et se lance. Sa gorge le trahit et la douleur se lit sur son visage. Il passe un rapide coup de langue sur ses lèvres asséchées et essaye une nouvelle tentative. « C’toi… Dan...te… ? » Arrive t-il péniblement à prononcer, le prénom de son frère venant buté dans ses derniers efforts. Qu’on ne lui en demande pas plus. Il ne peut plus parler et Morphée l’appelle déjà. Le marchand de sable est passé alors qu’on le laisse baissé le rideau. Pourquoi son frère s’acharne t-il sur lui ? Il sent une pression entre ses doigts et se surprend à ouvrir de nouveau les yeux. Il ne les avait même pas senti se fermer. Ses sourcils se froncent une nouvelle fois tandis qu’il accorde à son frère un regard agacé. « Laisse… moi. Fa…tigué » Non franchement, pourquoi Dante insiste t-il autant pour le garder éveillé ? Qu’il embête son frère à un autre moment. Qu’il dise ce qu’il veule, Isaiah est prêt à tout lui offrir si ça peut lui permettre de dormir seulement quelques minutes de plus. Vraiment tout, femme, enfants, chihuahua, tout.
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MessageSujet: Re: a sleepy good morning (ft. dante)   Lun 23 Nov - 19:02



A SLEEPY GOOD MORNING
“welcome back”


C'est un soulagement qui émane du corps de Dante. Combien de temps a-t-il attendu avant de voir les paupières s'ouvrir et laisser apparaître deux billes qu'il connaît par cœur ? Il n'avait pas été le seul à prier et croiser les doigts quant à sa remise sur pied, les Jagger étaient tous quelque peu secoués par les événements derniers qui avaient conduit leur plus jeune frère à l'hôpital dans lequel ils travaillent tous. Chacun ont été chamboulé plus que d'autres, ou le montraient différemment. On a cru que Dante était indifférent face à la tragédie qui s'était déroulée, lui a gardé son sérieux, son calme et sa tranquillité. Trois comportements qu'il montre à l'extérieur, qu'il laisse transparaître alors que son corps tout entier sent des douleurs aussi bien physiques que morales à force de s'entêter, de se poser des questions et interrogations sur le futur du cadet de tous. Ils ne savaient pas s'il allait s'en sortir, comment ils allaient le retrouver quand il reprendrait conscience. Les conséquences d'un choc comme celui-ci ne se présentaient pas de façon identique chez tous les patients qui ont pu expérimenté une telle aventure, désastreuse. Jamais il n'aurait pu imaginer que son frère pouvait lui aussi être touché par ces atrocités, par ces actes inhumains qui l'ont amené à sommeiller pendant des semaines, dessein incertain entre les mains des médecins, de son frère, de ses frères et de ses sœurs. Alors quand on l'appelle, quand on crie son patronyme dans les couloirs occupés de professionnels et de patients qui attendent leur tour, quand il se rend compte que l'intonation provient d'une chambre qu'il n'a que trop visité ces derniers mois, quand son idée se confirme, se concrétise, qu'il voit la lueur d'espoir et de surprise dans les prunelles du collègue qui l'appelle il comprend. C'est le soulagement qui se manifeste, qui aurait pu ébranler chaque partie de son corps pour le laisser s'affaler sur le sol, mais il se retient. Il se laissera tomber plus tard, quand il sera chez lui et qu'il sait qu'il aura le droit à une bonne nuit de sommeil, quand il s'endormira, fermera les paupières tout en étant détendu, parce qu'Isaiah est officiellement rentré, parce qu'il est officiellement vivant et bonne santé, d'après ce qu'il peut en avoir, d'après cet aperçu qu'il a sous les yeux. Dante n'a jamais été habile pour montrer, exprimer des sentiments qu'il préfère d'habitude taire. Pourtant, il aimerait exprimer cette joie qu'il ressent, mais n'arriverait pas à la décrire de façon précise, s'embrouillerait dans des mots et des termes qui, de fil en aiguille, ne voudraient plus rien signifier. Alors il se contente de ce regard habituel, de ces iris qui se plantent sur un visage familier, de cette ombre qui passe sur ses pupilles et montre un brin de bonheur et de délivrance. L'aîné plisse les yeux, légèrement, essaie d'analyser ces traits de faciès. Il y lit une grande fatigue, des yeux qui ne demandent qu'à se refermer sous la pression des membres affaiblis qui souhaitent pleinement se reposer. La voix est si affaiblie, ça brise de l'intérieur, ça le secoue et il se rend compte qu'il en a peut-être trop demandé au rescapé. Il devrait le laisser, se reposer, il devrait le laisser allonger, le laisser respirer grâce à ses propres organes, à ses propres poumons et non pas grâce à la tuyauterie enlevée et surtout artificielle. Le point positif est que son frère le reconnaît, ça lui étire même un sourire qu'il dissimule sous l'expression rude d'un homme qu'on ne peut plus facilement ébranler. Il observe le faciès, l'expression agacée et percute les mots qu'articulent le cadet. Dante secoue doucement sa tête de gauche à droite, une main qui se porte dans ses cheveux, paume qui vient les remettre en place (ou bien les ébouriffer quelque peu). Il se rend compte de cet effort qu'il lui demande d'exercer, se rend compte que ce n'est pas encore le moment pour lui faire passer tous les examens médicaux qui demandent un certain état d'esprit. Il lui dit qu'il est fatigué, alors il hoche la tête mais ne bouge pas pour autant. Il garde un œil sur le protégé. Dante, il a failli à sa tâche en le laissant partir sur une zone de conflit dont il connaissait les dangers. N'aurait-il pas pu faire une sorte de mission humanitaire dans un endroit plus tranquille mais surtout, plus sûr ? Il soupire alors qu'il se dirige vers un tabouret, il y tend son bras pour en attraper le bord et fait glisser le siège jusqu'à lui, dans un bruit pas forcément agréable à cause du frottement contre le carrelage. Il en plisse même les paupières, fronce les sourcils quand la mélodie stridente s'effectue, jette un coup d’œil au plus jeune avant de s’asseoir. « Tu sais, on s'est demandé quand est-ce que tu allais enfin te réveiller. » Qu'il articule sereinement. Il ne sait pas s'il parle pour Isaiah, ou s'il se fait une réflexion à lui-même. Dans tous les cas, il la fait à haute voix et en fait profiter toutes les oreilles prêtes à l'entendre. « On a longtemps cherché qui blâmer. » Pour le départ de leur cadet, pour cette expédition que Dante refusait, que tout le monde refusait. Ou du moins, n'étaient pas à l'aise avec l'idée de le voir prendre la route, seul, loin. « Mais ce qui comptait le plus, malgré les... » Disputes, qu'il a envie de dire. Mais doit-on réellement aborder un sujet fâcheux alors qu'il vient d'émerger ? En toute honnêteté, il ne sait même pas s'il est écouté, s'il est entendu, ou si Isaiah s'est déjà dirigé dans les bras de Morphée. « Disons que, malgré les divergences au sein de la famille, on était tous d'accord pour dire que tu n'allais pas te débarrasser de nous aussi facilement. » Il s'arrête, observe ce corps frêle qui paraît si chétif dans ce lit aux draps blancs. « Donc j'espère que tu ne nous feras plus une telle frayeur. » C'est pas un sermon, pas une remontrance, ni même un reproche, ni un blâme. C'est la façon de Dante de dire qu'il ne saurait pas réellement quoi faire si aussi grave arrivait dans le futur.
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MessageSujet: Re: a sleepy good morning (ft. dante)   Dim 29 Nov - 17:55

Son corps réclame un repos bien mérité mais Dante ne semble pas l’entendre de cette oreille. Un grincement désagréable lui fait froncer les sourcils, l’obligeant à ouvrir les yeux et Isaiah constate que son frère s’est assis près de son lit. L’étudiant sait qu’il ne rejoindra pas Morphée avant un certain temps alors il tente de se concentrer. Il sent ses sens s’affoler dans tous les sens tandis que ses yeux restent péniblement ouverts et qu’une infirmière s’approche de lui. A la vue du verre d’eau dans sa main, sa bouche crie subitement famine. Il lève la main pour s’emparer de l’objet mais ses doigts ne sont pas assez vifs pour exercer la force nécessaire. Comme un enfant, il laisse l’infirmière porter le Grâle à ses lèvres. La froideur du liquide l’émerveille mais la sensation est de courte durée. L’infirmière s’excuse et quitte la chambre, promettant de revenir au plus vite avec un brocs d’eau rempli qui ne le lâchera pas en cours de route. Le regard d’Isaiah en profite pour de nouveau se poser sur son frère, qui n’a pas bougé. Toujours assit près du lit, le regard lui aussi braqué sur lui. Les deux frères se regardent un instant silencieux, tous deux rassurés de se retrouver et pourtant trop fiers pour se l’avouer. Dante est le premier des deux à reprendre la parole et Isaiah se surprend à écouter une nouvelle fois en silence. Il ne sait pas vraiment quoi répondre parce qu’il n’a pas l’habitude d’autant de transparence chez son frère. Il n’y a personne à blâmer, aucun responsable sur qui rejeter la faute. Enfin si, il y a lui mais il ne regrette pas son choix. Il connaît les risques du métier et ne les a jamais pris à la légère. Les risques sont sérieux, la mort possible. On l’avait dit trop jeune, peut être suicidaire mais il ne faisait que suivre ses projets de vie. Certains membres de sa fratrie ne s’étaient pas gênés pour s’y opposer, parfois violemment, mais chacun savait que malgré leurs protestations, Isaiah irait. Parce qu’il a toujours fait ce qu’il voulait. Une qualité de petit dernier sans doute. Il n’attend pas l’approbation des siens pour s’exécuter. Tous le savaient déjà partis la seconde où sa décision avait été prise. Mais Isaiah n’a aucun mal à les imaginer se relayer tour à tour à son chevet, nuit et jour. Car après tout, c’est ça la force des Jagger, aussi violentes et abjectes soient leurs disputes ils arrivent toujours à prendre soin les uns des autres. « Tu seras toujours là pour me remettre sur pied autrement. » Ca sonne comme une question mais ça n’en est pas une. C’est une affirmation criée au monde entier. Isaiah n’a pas besoin d’entendre sa réponse pour le savoir. Malgré les disputes et les désaccords, Dante s’est toujours attaché et appliqué à remplir son rôle auprès du plus jeune frère. Comme lorsque le petit avait besoin qu’on lui souffle sur un bobo à peine douloureux ou qu’il avait peur d’un orage violent la nuit, Dante était toujours celui qu’il venait trouver. Là où ses parents ont échoué, Dante a fait illusion. Alors non vraiment, Isaiah ne doutait pas un instant que son frère serait toujours présent. Masque de l’indifférence plaqué sur le visage ou non. Il esquive la réelle réponse parce qu'il ne peut rien promettre. Il est fatigué, cassé mais il s'imagine déjà y retourner, plus fort qu'avant. Il connaissait les risques et il en assume les conséquences. Le sommeil continu de l’appeler tandis qu’une centaine d’interrogations s’entassent dans son esprit. Quel jour est-il ? Combien de temps est-il resté là, dans ce lit ? Où est-il vraiment ? Il n’a comme dernier souvenir que le plafond blanc de leur hôpital de fortune mais la présence de Dante lui confirme qu’il n’est plus en Irak. Il est de retour au pays, en sécurité. Puis il réalise, brutalement. Où sont les autres ? Cette deuxième famille que les longs mois ont rassemblé, que leur est-il arrivé ? Ces hommes et ces femmes animés par un même désir, celui de mettre leurs vies en péril pour sauver celles d’inconnus. « Que… Qu’est ce qui c’est passé ? »  La question est générale mais c’est la seule qu’il arrive à formuler parmi le torrent d’interrogations. Dante doit savoir lui, il sait toujours tout. La bombe, l’hôpital, l’équipe. Peut être que tout cela n’est qu’un rêve, un cauchemar encore trop présent à son esprit. Peut être n’y a t-il jamais eu de bombe en fait. Son dos le fait souffrir, sûrement le douloureux résultat d’une escapade sur le toit après une soirée trop arrosée. Oui c’est ça, ça peut que être ça. Ils vont bien tous et lui n’est qu’un idiot trop téméraire. Ils vont bien, ils vont bien.
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