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 ✲ sweet revenge.

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MessageSujet: ✲ sweet revenge.    Ven 20 Nov - 17:01

 
let me be your shelter, i’ll never leave you all alone
i can be the one you call, when you’re low

| ©needtobreathe.

Déambuler au milieu de ces façades d'une blancheur incontestable est une habitude qu'il a bien trop rapidement prise. Si certains sont effrayés à l'idée de marcher à l'intérieur de ces murs qui peuvent impressionner, d'autres sont bien heureux de se trouver à l'intérieur de ce centre hospitalier. Aussi bien employés que patients, ils y trouvent une sorte de réconfort dès lors qu'ils croisent les iris emplies d'espoir. Du moins, c'est ce que Dante essaie de faire passer par ses pupilles, de ne jamais baisser les bras quand bien même il semble que tout ce soit effondré autour des individus. Comme si la faucheuse se tenait constamment au-dessus des têtes et que chacun était effrayé à l'idée qu'elle ne vienne couper les ligaments. Dante, c'est certainement l'une des personnes les plus adroites, habiles et prudentes dans le complexe médical. Il est si attentif qu'il en oublie bien rapidement les autres autour de lui et se concentre purement et simplement sur le cas à étudier, sur le patient à aider. Il ne fait pas réellement attention aux remarques des collègues, ne fait pas attention aux conseils qu'ils peuvent lui donner. Il les entend, mais ne les prend que négligemment en note. Tout ce qu'ils disent, ça lui est déjà passé par la tête et il n'a pas besoin qu'une petite voix extérieure lui rappelle une idée à laquelle il a déjà songé. Néanmoins, même dans la dextérité, il se retrouve avec quelques blessures sur le bout des doigts. Des apprentis, des étudiants qui ne font pas assez attention selon lui. Une fiole qui tombe, le soupir qu'il pousse nonchalamment peut souligner cet agacement qu'il n'articule pas. Il se retient, serre les dents et la mâchoire afin de ne pas sortir de ses gonds. C'est le début de soirée, il est dans les alentours de dix-huit heures, son crâne ne demande que la tranquillité, le silence. D'un signe de la main, il dit au concerné de s'en aller. Qu'il peut rentrer. Qu'il peut se reposer, luxure dont il aimerait lui aussi profiter. Il observe les éclats de verre, se passe l'autre main dans les cheveux en fermant les yeux. Parfois, ce n'est pas facile. Parfois, c'est simplement parce que son caractère fait qu'il est si exigeant qu'il ressent souvent une pointe de déception. Envers tous, envers chacun. Parce que rien ne peut être parfait, il en est conscient, mais c'est plus fort que lui de trouver les plaintes et de les énoncer de sa langue acérée. Il plisse les yeux au contact rapide de la lame de verre, l'inattention à cause des pensées qui l'occupent. Il a l'habitude de voir le carmin, voir le sien ne le chamboule pas plus que ça. Petites coupures, brûlures et picotements qui se ressentent. Il attend d'avoir terminé de ranger le bazar qui se trouve sur le sol afin de se désinfecter les mains, eau qui coule sur le bout des doigts et quelques gouttes d'alcool qui lui réchauffent les plaies. C'est dans son bureau qu'il part à la recherche de pansements. En vain. Sûrement dans la réserve. Il hausse les épaules, enlève sa blouse par habitude car il ne trouve pas ça confortable de se déplacer avec quand il ne fait rien, mais la garde sous le bras. Poussant la porte de la pièce, il observe les allées vides d'individus mais remplies d'ustensiles. Il n'y va pas souvent, ici. Alors il peine à trouver ce qu'il cherche. Il ne sait même pas s'il est au bon endroit, n'est jamais venu là pour trouver des pansements. « Sérieusement, qui s'occupe du rangement ? » qu'il articule en grinçant des dents. Il est tellement dans son monde, dans son univers, qu'il ne fait pas attention aux bruits alentours. Aux portes qui peuvent s'ouvrir, se fermer. Il se croit seul, alors qu'il ne l'est pas.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Ven 20 Nov - 19:23

Il était enfin là. Son week-end comme il lui avait été promis, son saint Graal. Elle avait attendu avec une impatience capricieuse ce vendredi soir, cet instant où elle pourrait raccrocher sa blouse pour deux jours inespérés. L'hôpital était sa première maison, son foyer, son pied à terre. Elle paraissait toujours troublée d'en quitter les murs blancs imprégnés d'alcool, mais pas ce soir. La semaine avait été longue, d'une lenteur exaspérante, aggravant sa morosité si peu caractéristique. Son état physique commençait à ressentir les premiers symptômes de sa grossesse naissante, cruel secret dont elle prenait le revers en pleines dents. Et alors que la sortie se dessinait face à elle, promesse de liberté et de repenti, son nom résonne dans le couloir. Elle se crispe, réflexe qu'elle a acquis avec ses six années de service, car rien ne bon ne sort jamais d'une telle interpellation. Et elle n'échappe pas à l'obstination du destin à l'user jusqu'à la corde. Une infirmière manque au service traumato, sa présence est exigée -permettez- pour combler le manque d'effectif. Adieu liberté, adieu lit douillet. Elle s'en retourne lentement revêtir de nouveau sa veste blanche, la chanson de la marche funèbre résonnant sournoisement dans un recoin de sa tête. Tenez, j'ai besoin d'un inventaire de la réserve, vous pouvez faire ça pour moi? Janne le considère un instant, interdite, hésitant sur la marche à suivre face à son ton mielleux et son pseudo sourire séducteur. Devait-elle lui faire avaler son inventaire par un quelconque orifice ou se résigner? La voix de la sagesse fit le choix pour elle. Merveilleux, je n'avais rien de mieux à faire. Elle s’efforce d'étirer ses lèvres, sourire forcé et ô combien hypocrite, avant de se diriger vers la réserve à coups de pas rageurs. Elle marmonne dans sa barbe, fait subir les pires châtiments à son persécuteur dans sa tête, mais parvient finalement à s'adoucir un peu. Un coup d’œil à sa montre l'achève: dix-huit heures et des poussières. Amazing.  Le bruit d'une porte qui s'ouvre, des pas indistincts, et les battements de son cœur s'accélèrent. Elle avait vu assez de films d'horreur pour savoir que la première victime, toujours isolée, subissait les pires tortures. Pour montrer l'exemple. Puis, une voix lui fait abandonner tout scénario morbide en l'espace d'une seconde. Oh bazar. Grumpy cat. Il était probablement la dernière personne qu'elle avait envie de voir ce soir. Bien que les frissons de son corps défendent un tout autre message, mais ce n'est qu'un (infime) détail. Demande le moi gentiment, et je t'aiderai peut-être. Adossée contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine frémissante, elle l'observe avec nonchalance. Ou était-ce de la provocation? Combien de fois avait-elle posé le regard sur cet homme qu'elle hait à la hauteur de son amour? Elle en avait perdu le fil depuis bien longtemps, probablement avait-elle abandonné tout espoir de compter. A moins que, là encore, tu préfères que je m'en aille car je ne suis pas à ma place? Sournoise reprise de quelques mots (parmi tant d'autres) qu'il lui avait dit le jour où il s'était désintéressé d'elle. Elle avait cru à ce dicton qui parle de cicatrisation avec le temps. Foutaises.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Sam 21 Nov - 0:43

 
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Il sait que beaucoup peuvent se rendre à la réserve. Que c'est commun, pour tout le monde, de venir chercher ou déposer des ustensiles dont on a besoin, ou dont on a été livré. Il sait qu'il a peu de chance d'être en solitaire dans la salle pendant plus d'un instant, mais ça ne le préoccupe pas tant que ça. On le connaît, on sait qu'il ne parle pas énormément à moins que ce soit lui qui fasse le premier pas, alors généralement, on le laisse tranquille, dans son coin, quand bien même il marmonne nonchalamment dans la barbe qu'il n'a pas. La porte s'ouvre, mais l'attention est ailleurs, elle est dans les boîtes en plastiques, dans le métal que ses iris scrutent avec attention, avec espoir de voir un morceau de pansement coincé entre deux objets tranchants. Le son n'est que trop familier, l'air féminin qui a longtemps attiré son essence. Janne. Ô Jolie Janne. L'intonation titilla les tympans de Dante qui ne put s'empêcher de froncer doucettement les sourcils à l'entente de la tirade prononcée. Une voix qui ne lui était que trop connue, pas assez méconnue, qu'il aurait parfois aimé oublié. Une mélodie légère qui se fond dans un sarcasme, un rythme dans la voix qui lui rappelle de bons comme de mauvais souvenirs. Cette acerbité dans le fond de la gorge, elle se forme à chaque fois qu'il la croise, comme l'erreur d'un passé que l'on regrette, comme des choix qui ont été fait alors qu'ils auraient dû être autres, comme le fait qu'il a trahi son épouse pour elle, elle qu'il a rejeté sans aucune douceur pour se morfondre sur ses précédentes décisions. Il se remémore les moments passés en sa compagnie, aussi brèves soient-ils, ils restaient intenses et mémorables, doux et chaleureux, passionnés et obsessionnels. Il secoue la tête de droite à gauche, espérant chasser les spectres d'en-temps dont il n'a pas besoin ces temps-ci. Il n'a pas besoin, de se perdre dans les prunelles de cette femme. Il n'a pas besoin de s'abandonner dans ce plaisir qui est de la reluquer et d'en venir à se dire qu'il la désire toujours autant qu'auparavant. Réalité qu'on souhaite dissimuler, il serre l'un de ses points avant de faire face à la femme qu'il se surprend à toiser de haut en bas. Elle se tient là, la carrure appuyée contre le mur alors que ses bras se croisent sur sa poitrine. Janne a toujours été fière, a toujours trouvé judicieux de jouer sur la cachotterie et la fourberie et encore à cet instant, elle en fait usage, de ces caractéristiques. C'est plus fort que lui, les jambes s'avancent, l’inconscient l'oblige à effectuer ces mouvements qu'il ne souhaite pourtant pas entreprendre. Il s'arrête, distance rétrécie, mais distance minimale de sécurité. « Qui a dit que j'avais besoin d'aide ? » qu'il se contente de souffler entre deux lippes qui feraient presque la moue. Il n'est pas d'humeur à se battre, aujourd'hui. Ce soir. Mais ça a toujours été ainsi, depuis les dernières années. Quand l'un est noyé dans une douceur qu'il ne peut expliquer, l'autre trouve le moyen d'étaler son poison sur le peu de lucidité. « La réserve t'appartient autant qu'elle ne m'appartient. Fais toi plaisir, je t'en prie. » qu'il lance, les épaules se haussent le temps d'un court instant. « Tant que tu ne fous pas le bordel alors que ça l'est déjà. » Les iris se lèvent vers le plafond sombre, comme pour souligner le fait qu'il ne compte pas réellement sur elle pour ne pas tout mettre en désordre. Il aurait aimé être plus appréciable. Une conversation anodine aurait été plus propice. Demander comme ça allait. Mais c'est trop compliqué pour lui, de se soucier, même si intérieurement, ça le démange.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Sam 21 Nov - 13:04

Elle redoute ces confrontations comme elle les attend. Il n'y a jamais eu de temps mort entre eux, rien qu'un duel qui rebondit en lui quand elle ne cherche que des caresses. Un conflit qui brûle en elle quand il n'attend que sa douceur. Dante a toujours été un défi de taille, une énigme qu'elle ne semble résoudre que dans l'étreinte de ses bras. Une personne normalement constituée aurait fuit ce genre de relation, aurait préféré le repli pour le salut de son âme. Mais pas Janne. Janne, elle s'épanouit sous la tension qui les unit, fleur frêle qui ne puise sa force que dans sa chaleur. Janne, elle existe dans le reflet de ses iris, ombre illuminée de lumière qui ne prend forme que dans les battements de son cœur. Dante, il la possède, l'obsède, et rien de ce qu'elle pourra faire ou dire n'y changera quoique ce soit. Elle le suit du regard, s'enivre du moindre de ses mouvements qui la rapproche d'elle. Le simple fait de te voir ici. Le ton est pesant, la tension étouffante. Il faut qu'elle bouge, qu'elle marche, pense autrement bref, il faut qu'elle se le sorte de la tête. Elle avait une fierté à tenir, un caractère exécrable à entretenir. Et si elle n'avait nulle peine à ressentir de la colère envers lui, ne pas s'en vouloir pour ça était une autre histoire. Car Livie le lui avait gentiment reproché de lui en faire (trop) voir de toutes les couleurs. De trop le blâmer pour une décision qui, si on y pense quelques instants (pas plus) est tout à fait légitime. Et Janne savait qu'elle avait raison, du moins le côté raisonnable de son être l'admettait. Le problème était que tout le reste de son âme ne voulait pas s'y résoudre. Plutôt mourir. Pourtant tu me connais, mettre le bordel c'est ma spécialité. Et elle ne croyait pas si bien dire, si elle osait repenser au petit être niché dans son ventre. Au coup de maître qu'elle préparait. A la trahison qu'elle avait commise de se taire dès qu'elle avait su. Elle prenait le risque de le perdre à jamais avec ce petit détail, elle jouait avec le feu et savait d'avance qu'elle allait s'y brûler les ailes. Mais la douleur qu'elle lui infligerait lors du dénouement final était probablement sa plus belle victoire. Son plus ardent espoir. Une odeur d'alcool la fait sortir de ses morbides pensées, et c'est sur sa main que son odorat se pose. Voilà donc la raison de sa présence en ces lieux. Elle se dirige vers un tiroir et le fouille quelques secondes, peinant à s'y retrouver dans ce méli mélo mal organisé. Il n'avait pas tort, cette réserve était un vrai bordel, elle allait y passer la nuit à tout ranger et recenser. Elle retourne vers lui et brise la distance de sécurité qu'il avait instauré, non sans exagérer la proximité de son corps contre le sien. Elle se saisit de sa main blessée, et avec cette même douceur réservée à leurs ébats intimes, frôle du bout des doigts la plaie. Son regard se lève pour chercher le sien, tandis que sa respiration se heurte contre sa gorge. Et sans rompre le contact visuel, recouvre l'entaille d'un pansement, en profitant pour appuyer fortement dessus. Pour que le bout de papier colle bien, officiellement. Je m'en voudrais que tu perdes ta main comme tu as perdu ta femme. Par ma faute. Sa voix se perd dans un murmure, inaudible crachat accusateur et rancunier qui tranche avec la douceur de ses gestes. Si seulement il parvenait à lire entre les lignes, à n'entendre là que la blessure d'une femme dont le cœur suinte encore. Si elle parvenait seulement à lui pardonner. Et à se pardonner.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Sam 21 Nov - 23:38

 
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Il l'aime autant qu'il la déteste. Il la désire autant qu'il souhaite la repousser. Il veut la voir autant que sa présence l'irrite et le met en rogne. Il a envie de la chérir autant qu'il a envie de la blesser, de la briser et de lui faire du mal comme elle sait si bien le faire. Elle l'atteint trop facilement, ça le titille comme jamais ça ne devrait, ça le fait sortir si rapidement de ses gonds. Cette femme, elle sait comment s'y prendre pour le mener par le bout du nez ou pour le voir serrer les poings et la mâchoire, pour le voir contrôler et céder aux pulsions aussi bien meurtrières que passionnées qui le poussent à agir comme il le fait souvent. C'est si contradictoire, les mouvements qu'il se surprend parfois à faire à son égard. Les mots sont amers, les gestes veulent rester agréables, doux et d'une sincère sensibilité. Le corps agit véritablement alors que les mots énoncés ne sont que mensonges répétés dans lesquels il s'est lamentablement perdu, noyé. Il ne sait plus discerner le vrai du faux, la réalité du monde artificiel qu'il s'est forgé quand cela concerne Janne. A son plus grand damne, il reste le bec cloué quand elle articule sa première tirade. Seul un soupir vient se fondre dans l'air ambiant, il déglutit et préfère éviter le regard de celle qu'il convoite inconsciemment. Il aimerait simplement prendre ses jambes à son cou. La journée a été longue, et à ses côtés, elle le serait encore plus. Certainement d'une pénibilité sans nom, compte tenue de la tournure que prend la conversation. « Effectivement. » Il marque une pause, se décide enfin à poser son regard dans le sien. Il dessine ce sourire railleur, presque hautain et d'une arrogance dont il fait souvent preuve. Il s'est perdu un court instant dans les yeux clairs, en a presque oublié d'énoncer ce qu'il avait en tête. « Comme mettre le foutoir dans ma vie. » Il dit ça si naturellement, aucune expression de compassion sur le faciès dont les traits ne témoignent que de la prétention. Sincèrement, il ne pense aucunement les mots qu'il prononce. Certes, la venue de cette femme dans son existence l'a chamboulé, si bien qu'il a fini par fuir et l'abandonner dès la première occasion présentée. Il ne s'en veut pas. Ne regrette pas. A toujours fait en sorte de ne pas avoir de déceptions sur lesquelles se lamenter. Il hausse un sourcil en la voyant se déplacer, ne sait pas ce qu'elle compte réellement faire. Peut-être simplement retourner vaquer à ses vaines occupations ? Qu'il pense. Elle peut s'en aller, ça ne lui fera que du bien. C'est ce qu'il se dit. C'est beau, le mensonge à sa propre personne. Mais il ne peut pas tromper son propre esprit. Ça persiste. Elle se rapproche. Trop près. Non, ce n'est jamais trop près, il en a conscience. Il attrape la main qui a été égratignée, se laisse tout bonnement faire en serrant les dents. Il inspire dès lors qu'elle caresse de ses doigts la plaie anodine que lui aussi observe, distraitement, sent presque son corps entièrement trembloter au contact avec cette femme. Il sent son souffle qui vient frôler son cou, épiderme qui frissonne au contact de cette respiration chaude, frisson qu'il ne cache pas parce qu'il ne le peut pas et surtout, parce qu'il ne cherche pas à le dissimuler. Elle l'observe dans le blanc des yeux, les iris qui se posent dans les siens, ne cille aucunement, ne cligne pas des yeux. Comme un combat de regard qu'il ne veut et ne va pas perdre. Néanmoins, elle appuie si fort sur la déchirure qu'il esquisse une grimace légère avant de reprendre son expression précédente, l'air tout de même plus dur. « T'as dû mettre toute ta force pour appuyer. » qu'il lâche dans l'ombre d'un murmure. Il a l'impression d'avoir encore plus mal qu'avant. La brûlure est plus vive, le gonflement un peu plus bombé. La dernière remarque a pour effet de l'obliger à retirer sa main pour qu'elle la lâche. Parler de sa femme, ça en est devenu tabou pour lui. « C'est petit, même venant de toi. » Il ne recule pas, la proximité ne le gêne pas. Ne le gêne plus. « Je suppose que... » Il marque une pause, frotte du bout de son pouce le pansement qui se trouve sur la blessure. « Que j'aurai mieux fait de passer plus de temps avec elle, au lieu d'en perdre ailleurs. » Il sourit, un sourire si grand qui laisse découvrir chacune des dents visibles. Un sourire railleur, moqueur, mais surtout destiné à offenser.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Dim 22 Nov - 19:19

{Loving can hurt sometimes,
But it's the only thing that I know.}

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A présent que les dés étaient lancés, elle ne pouvait revenir en arrière ni se plaindre de la tournure que prendraient les événements. On ne récolte que ce que l'on sème. Et Janne, elle avait planté des ronces dans leur rencontre inattendue, les faisant s'épanouir par une langue acérée et des mots pour lesquels elle se haïra une fois qu'il aura passé la porte. Mais Janne, c'est son éternel problème, et elle demeure persuadée que cela la perdra un jour ou l'autre. Ou peut-être était-ce déjà fait. Elle n'arrive pas à contrôler cette faculté que de laisser sortir toutes les pensées qui lui traversent l'esprit sans filtre au préalable. Ne créant que des désastres derrière le son de sa voix. Et elle sent déjà les morsures du fouet claquer derrière son dos. La riposte ne s'est pas faite attendre. Le sourire qui naît sur ses lèvres est nerveux, blessé, une bien peu convaincante façade. Le foutoir qu'on mettait ensemble n'avait pas l'air de te déranger. Ou as-tu besoin d'une piqûre de rappel? Le ton est langoureux, provocant, lui brûlant les lèvres de tant d'amertume et de rancoeur. Elle repense à leur première rencontre, à leur début, comme s'il avait eu lieu la veille. Et à chaque fois qu'elle revit ces souvenirs, elle se souvient, se rappelle, aussi douloureux puissent être ces mémos. Elle se souvient de son sourire, honnête, simple, provenant directement de son cœur. Elle se rappelle de sa douceur envers elle, de la retenue de ses gestes, de son désir de bien faire. Elle se remémore sa passion, cette faculté qu'il avait de se livrer entièrement à elle, à son étreinte, à ses baisers. Tant de souvenirs souillés par la douleur, le regret, le silence, le mensonge, la trahison, la déception. Comment avaient-ils pu en arriver là? Elle s'en voudrait presque de s'être posée la question après la bombe qu'elle venait de lâcher d'entre ses lèvres. Il avait raison, c'était petit. Mais au jeu de la guerre, tous les coups sont permis, tous les détails sont bons à prendre pour tenter de causer le plus de mal possible. Comme quoi, on n'apprend pas véritablement des erreurs passées, à croire qu'on se plaît même à les retranscrire. Pitoyable. Puis le coup fatal claque à ses oreilles, faisant résonner des ondes brûlantes jusque dans ses entrailles. Tout se tord en elle, même cet embryon qui se convulse sous l'acidité de l'attaque. La gorge sèche, elle détourne le regard de ce sourire, de son sourire, vile attitude mutilante. Elle ne peut en supporter le rayonnement de satisfaction plus longtemps. Puis, elle hésite sur l'attitude à apporter. Elle aurait adoré pouvoir lui mettre une baffe théâtrale avant de s'enfuir en claquant la porte, comme dans les films. Malheureusement, elle doutait que la réalité rende la même image. Sa main frôle brièvement le bas de son ventre, en un spasme involontaire, doux rappel à la réalité. Ou cruel prémonition du futur. Tu crois que ça aurait changé quelque chose? Son ton est plus dur, moins emprunt à la séduction tandis qu'elle esquisse un pas en arrière. Touchée. Coulée, blondie. Tu es un hypocrite, Jagger, incapable d'assumer tes propres choix. Sa voix monte au fur et à mesure que sa peine traverse ses lèvres, s'efforçant de maîtriser le tremblement qui lui noue la gorge. Ose me dire que tout ça ne représente rien pour toi? L'air lui manque, la maîtrise devient floue et hasardeuse, la façade diabolique fond sur son visage. Et elle se risque à l'ultime supplication en scrutant le bleu de ses iris, unique barque jetée à l'eau. Le temps se suspend autour d'elle, elle n'ose respirer de peur de chavirer. Ose me dire que je ne suis rien pour toi.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Mar 24 Nov - 0:05

 
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C'est infernal. Un cercle vicieux dont ni l'un ni l'autre ne trouve la conviction pour s'en échapper. Ils reviennent toujours à la charge, quand bien même les blessures antérieures ne sont pas entièrement cicatrisées. Ne le seront certainement jamais, au rythme des nouvelles taillades qui se créent, qui s'ancrent dans les âmes et qui les fissurent peu à peu. C'est ainsi qu'ils vivent. Dans les remarques désagréables, les langues acérées par des trahisons et des mensonges que trop répétés au fil des années. Des voiles posés en face des visages, des faciès que l'on ne veut plus reconnaître, auxquels on ne veut pas céder avec un simple battement de cils. Il lui en faut peu, à Dante, pour chavirer. Et il met beaucoup d'ardeur dans ce contrôle qu'il a de lui-même. Céder, ce serait s'avouer vaincu de toute cette machination, de cette mascarade que l'on met en place depuis des années. Parfois, il perd la bataille. Pour mieux crier victoire à la suivante. Parfois, il se laisse tenter par la belle. Signe de vulnérabilité qu'il méprise, douceur d'en-temps qu'il a perdu et qu'il ne sait pas comment retrouver, qu'il ne sait pas comment récupérer. Il penche la tête sur le côté, comme pour imiter la réflexion, comme s'il cogitait. « Je t'avoue que mes souvenirs commencent à se dissiper... » Totalement faux. Mais c'est toujours beau, de jouer ainsi. Il a cet air sérieux, naturel, comme s'il énonçait une vérité qu'il ne détourne pas, qu'il ne corrompt pas. Comme s'il veut lui laisser penser qu'il a oublié ces moments avec elle, ces moments pourtant inoubliables. « Je dois dire que je commence à confondre, tous ces souvenirs, toutes ces... femmes. » Il en sourit, de cette tirade lancée spontanément. C'est malsain. Si proche d'elle, il ne se gêne pas pour humer ce parfum qu'il ne connaît que trop bien. Qui lui a peut-être manquer, un peu. Beaucoup ? Jamais ne pourra-t-il l'avouer. Mais une simple odeur, ce n'est pas suffisant pour le Jagger qui convoite plus. Toujours plus, jamais satisfait de ce qu'il possède déjà. Mais Janne, elle n'est pas à lui comme il n'est pas à elle. Aucune exclusivité. Elle lui file entre les doigts, comme un coup de vent qui va et vient, qui frappe à sa porte pour les intempéries, qui repart après avoir jouer les tempêtes et bouleverser les vies. Il en fait de même, met le bazar dans ce bout de femme qu'il aime tirailler, qu'il aime détester, qu'il aime aimer. Parler de sa femme, sujet sensible qui le met rapidement en rogne ou sur une défensive. Et ça se voit, dans son attitude. Mais surtout, ça s'entend. Langue de vipère qui blesse et qui taillade la jeune femme. Est-ce qu'elle souffre ? Intérieurement, il espère que oui. C'est son but. C'est cruel. Mais il se dit qu'il pourra toujours panser ses blessures, plus tard, même s'il en est l'auteur. Il ment pour la voir s'effondrer une énième fois. Et le ton change, il l'entend. La provocation a laisse place à un e atmosphère qu'il ne saurait décrire. Il hausse un sourcil, arque le second en laissant échapper un soupir, habituel. « J'assume mes propres choix. Mais je peux les regretter, avec le temps. » Elle a reculé. Elle a imposé une distance de sécurité, l'a réinstauré alors qu'elle l'avait elle-même brisé. Revirement de situation. Elle fuit. Lentement. La voix, elle n'est plus la même. Elle tremblerait presque. Il n'en est pas certain. Doit-il continuer de jouer ? Ils viennent simplement de commencer, ce serait du gâchis de mettre un game-over en si peu de temps. Ce que ça représente pour lui. C'est abstrait. Il n'a pas les mots pour expliquer la relation qu'il a avec elle. Ne pourra sûrement pas la définir avant quelque temps, avant que son crâne, que ses neurones veuillent bien l'aider dans cette démarche. Ou à défaut du cerveau, le cœur. Cœur, qui pourrait expliquer les sentiments qui viennent et s'en vont. Il s'avance. Elle a reculé d'un pas. Il s'avance. D'un pas et demi. Proximité, promiscuité, il s'en mord la lèvre inférieure, lippes qui s'étirent dans un sourire des plus joueurs. Elle a comme ce besoin d'être rassurée, d'entendre de la part du Jagger qu'elle n'est pas rien, à ses yeux. Ses deux paumes viennent se poser sur chacune des épaules de la jeune femme, il la regarde droit dans les yeux, iris perçants dans lesquels il a trop de fois basculé. Il reste ainsi, quelques instants, courts mais qui semblent durer une éternité. Alors il se penche, les lèvres qui viennent effleurer l'un des lobes de Janne, souffle chaud qui percute sa peau. « Attends voir... Tu ne serai pas en manque d'affection de ma part, par hasard ? » Il murmure. Voix suave mais grave qui se perd dans les tympans de la jeune femme. Il se redresse finalement, laisse glisser ses mains de chaque côté avant de les ramener le long de son propre corps. Scrute ce faciès qu'il cherche à déstabiliser, ce visage si près du sien qu'il peut en distinguer chacun des traits.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Dim 29 Nov - 18:43

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But it's the only thing that I know.}

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Ses sens étaient malmenés depuis de longues années, bien trop nombreuses pour espérer en ressortir indemne. Elle y avait laissé des morceaux d'humanité parmi les plumes éparpillées, bouts sanguinolents dont les gouttes suivaient ses pas. Il avait toujours la réponse à tout, Jagger, toujours ce foutu besoin de mettre sa langue dans les recoins qui blessent. Et Janne, elle a cru qu'à force, qu'avec le temps, la morsure serait plus douce, le venin moins ravageur. Mais une fois de plus elle s'était fourvoyée, comme sur de nombreux sujets en ce qui le concerne. Il demeurera à jamais le salaud qui lui a ravagé le cœur, et tout espoir de rédemption. Celui qui l'a mise en cloque, par la même occasion. Un peu plus un peu moins, Janne n'était plus à ça près. Elle accuse sa provocation, s'efforce d'effacer de lugubres images de cet homme avec d'autres femmes qu'elle. Vrai, faux, qu'importe, elle n'en connaîtra jamais l'issu, mais l'étrangler dans son sommeil reste une alternative envoûtante. Ô combien délicieuse. Elle ne peut refréner ce désagréable frisson qui lui secoue l'échine à son contact, ce haut le cœur qui la submerge à son odeur. Un dégoût qu'elle s'inflige à elle même pour la faiblesse dont elle fait preuve en sa présence. Elle aimerait tourner les talons et claquer la porte, tirer un trait sur l'épisode vingt-sept de la trente-et-unième saison de Dante. Mais les images en sont captivantes, enivrantes, et elle reste sur sa faim de ne pas en connaître le dénouement final. Qu'il fasse mal, ou pire encore. Amen. Que tu aimerais, Jagger. Et qu'elle aimerai aussi, la Janne. Mais elle devait se faire une raison, jamais il n'admettrait quoique ce soit entre eux. Jamais il n'avouerait le lien qui s'est tressé entre eux, l'appel voluptueux qui en émane. Lui faire mal était sa priorité, l'anéantir une seconde nature. Et elle s'en voulait de lui avoir entrouvert une occasion de la mettre à mal, d'admirer le carnage qu'il opérait sur son pauvre organe sentimental. Faute avouée, faute pardonnée, le piège ne se refermera plus sur elle. Je serais juste affreusement offensée que tu oublies tous ces endroits qu'on a... Baptisés? Souillés? Quelque chose du genre. Elle hausse les épaules, peut-être pour tenter d'exprimer une indifférence feinte, surtout pour se débarrasser de la sensation brûlante de ses mains sur elle. Puis j'essaie d'arrêter de taper dans le troisième âge, y a un tel manque de... Son regard balaie son corps impunément, profitant de l'occasion pour parcourir la moindre courbe de son être, associant à chaque espace un souvenir. Cruels et doux souvenirs. Puis ses iris se posent quelques secondes sur le bas de son ventre, estimant, jaugeant, se remémorant l'extase qui ressortait de cet endroit dans un haussement de sourcils. Vigueur. Un léger sourire aux lèvres elle lui tourne le dos tout en se débarrassant de sa blouse blanche. Lente glisse dévoilant ses épaules dénudées qu'elle dissimule derrière une cascade de cheveux blonds en se défaisant de sa pince. La soirée allait être longue, et bien plus encore s'il comptait envahir son espace. Autant se mettre à l'aise. Oh, j'allais oublier, quelle tête en l'air je suis. Elle se tape doucement le front tandis qu'elle s'appuie contre la table, non loin, non proche de sa démoniaque présence. J'passe dans ton service la semaine prochaine, pour remplacer un congés maladie. N'est-ce pas génial? Toi, moi... Ta réputation de titulaire coincé maniaco-sadique. J'ai hâte. Et elle lui adresse un magnifique sourire, refoulant son angoisse que de devoir fréquenter cet étage (son étage), que de devoir le subir au quotidien. Un croisement dans les couloirs, au détour d'un ascenseur, elle pouvait le gérer. Mais avoir constamment sous le nez son joli derrière qui se trémousse parmi des résidents martyrisés, ça, c'était une autre paire de manches.
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MessageSujet: Re: ✲ sweet revenge.    Lun 30 Nov - 1:07

 
let me be your shelter, i’ll never leave you all alone
i can be the one you call, when you’re low

| ©needtobreathe.

Si on devait demander à Dante pourquoi il use constamment de son sarcasme et des remarques parfois désagréables mais surtout pouvant amener à décevoir certains, il ne pourrait certainement pas y répondre. Il a toujours trouvé ça amusant, distrayant de jouer avec les sentiments des autres, de titiller les âmes qui ne demandent qu'à être bien traitées, à ne pas être malmenées par des tirades blessantes qui entaillent davantage les coupures présentes et qui, ses dernières, se multiplient sur l'esprit de l'individu attaqué. Assaillant, bourreau de celle qu'il a laissé échapper d'entre ses doigts alors qu'il restait au chevet d'une silhouette qui s'en allait dans de derniers souffles, dans de derniers sourires tirés et parfois forcés, dans de derniers regards emplis de regrets, de reproches. Clarté disparue des pupilles qui s'éteignent, de la lueur qui disparaît. A ce moment-là, Dante avait perdu deux personnes qui comptaient réellement pour lui. Son épouse. Et Janne. L'une décédée, l'autre encore sur ses jambes, à tenir tête comme elle peut au monstre qu'il est. Dante, créature des ténèbres qui règne sur l'Enfer. Qui déverse l'amertume et l'acerbité dans les mots qui en règle générale ne font aucun dégât. Il trouve le moyen d'opter pour des tournures qui peuvent faire mal, qui poignardent avec hargne les corps déjà affaiblis et tourmentés. Dante, la cause des maux et de ceux qui perdent confiance en eux. Pouvait-on être aussi vil et cruel ? Chaque phrase qu'elle prononce résonne chez l'homme, chaque mot vient perturber l'ensemble de ses sens. La vue est happée par le faciès qu'il ne cesse de contempler, l'ouïe par la voix qui trouve le courage de s'élever dans le silence, le toucher par les paumes qui se posent sur la femme, les frissons qui parcourent chacun des membres, le parfum vient l'enivrer et pourrait presque le faire lâcher prise, céder aux pulsions et aux envies qu'il dissimule, restant de marbre. Le goût, le souvenir des lèvres contre les siennes, des effleurements, des caresses qui n'ont jamais été innocentes. Il secoue légèrement la tête, chasse les mémoires qui bouleversent. Les épaules se haussent après la tentative de lui faire rappeler des choses qu'il n'a jamais, et ne pourra pas, oublié. Certainement une époque durant laquelle il a été le plus grand des insouciants. Le plus grand des passionnés. Lieux baptisés. Souillés. « Bénis, tu veux dire ? » Sourire qui vient fendre le faciès de Dante, goguenard même sur le bout de ses lippes. Les mains quittent le corps de Janne, les bras retournent le long de sa silhouette alors que l'opposante, elle essaie tant bien que mal de placer la pointe du scalpel là où ça fait mal. Là où il pourrait être blessé, où il pourrait montrer un quelconque signe qui témoignerait de ce côté susceptible qu'il possède. Il ne fait aucun commentaire sur le fait qu'elle s'abstienne désormais de s'amouracher des hommes plus âgés, se contente de lever les yeux au ciel, d'un « Mh. », action qui souligne l'agacement, suivi par un soupir qu'il ne contrôle pas, qui montre d'autant plus son état d'esprit face à la dernière note qu'elle laisse planer. Il l'a perçu du coin de l’œil, l'ayant toisé alors qu'elle cherchait le terme exact pour le définir. Il y pense, se dit qu'elle a certainement eu d'autres adjectifs, bien plus positifs et gratifiant, en tête pour le décrire. Du moins, il se plaît à supposer ainsi, préférant cette alternative qu'une autre. Il la laisse faire quelques pas, encore une fois une distance qui s'élargit alors qu'il aurait préféré qu'elle soit anéantie. Elle est partie, elle a fui l'emprise e pourtant, elle laisse apparaître les courbes précédemment cachées sous la blouse d'infirmière, comme l'invitation non-prononcée, insinuée et redemandée en laissant échapper des cheveux dorés qui se répandent sur des épaules que trop de fois frôlées. Dante, il serre la mâchoire, il garde le contrôle comme il le fait toujours. Il ne peut pas se permettre de déclarer forfait en tant que maître de jeu, mène la danse comme ça lui chante. Appuyée contre une table, elle annonce la nouvelle qui lui fait plisser les yeux et qui fait réapparaître l'ombre d'un sourire joueur sur le visage du neurochirurgien. « Donc je vais, à mon plus grand regret, devoir te croiser ? » Il dit ça, la mine à la fois dépitée, expression qui se mêle aux prunelles suspicieuses qu'il arbore. Il fait un pas. Un second. S'arrête. « Tu as raison. C'est génial. » Il s'avance d'autant plus. Marre de l'espace entre eux, marre de cet écart qui sépare deux corps qui ne demandent qu'à rentrer en collision, mais qui ne peuvent pas à cause de deux individus qui préfèrent jouer inlassablement. Il est si près, peut-être trop près ? Non. Jamais trop près avec elle. Il se trouve à sa hauteur, il scrute les iris clairs qui l'empêcheraient presque d'agir comme il le fait à son habitude. Il aurait envie de baisser les yeux pour échapper au gouffre étincelant des prunelles, mais il s'en empêche. Les mains glissent sur la taille de la femme, paumes qui resserrent leur étreinte, bout des doigts qui caressent ce tissu qu'elle porte. « On va pouvoir... » Voix basse, murmure qu'on ne pourrait entendre si on était trop loin. Les paumes descendent à hauteur des hanches, l'une des mains se glisse dans la poche arrière du jeans qu'elle porte. « Rattraper le temps perdu. » Il effleure, frôle des lèvres que trop convoitées, désirées, qui brûlent les siennes à ce léger contact. Et il recule, ne la touche plus, prend cet air indifférent des plus perturbants, comme si rien ne s'était passé durant ce court instant. « Ah non, c'est vrai. J'avais oublié que t'arrêtais de taper dans le troisième âge. » Sourire qui étirent les extrémités des lippes, petit air victorieux sur les traits, flamme du triomphe dans les yeux.
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